Yémen - Le port d'Hodeida en otage

Yémen - Le port d'Hodeida en otage

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Les ONG internationales présentes au Yémen mettent en garde contre une nouvelle escalade de la violence dans la ville portuaire d’Hodeïda.

Ce mercredi 13 juin, les forces fidèles au président yéménite en exil et la coalition arabe dirigée par l'Arabie Saoudite ont lancé l'assaut contre Hodeïda, le principal port du Yémen. Dans une lettre ouverte, Médecins du Monde et 13 associations exhortent les parties prenantes au conflit à protéger les 600.000 civils présents sur place et à faire respecter le droit international humanitaire.

Une nouvelle intensification des combats dans la région d'Hodeïda serait une erreur. Le nombre de victimes risque d'être élevé dans l'un ou l'autre camp, ce qui aurait un impact catastrophique sur la population civile. Une grande partie de la population yéménite se verrait contrainte de fuir et se trouverait exposée à des maladies, ainsi qu'à une aggravation de l'insécurité alimentaire, voire à la famine. Les importations de nourriture ont atteint leur niveau le plus bas depuis le début du conflit et le prix des produits de base a augmenté de plus d'un tiers.

Les populations, épuisées, ne peuvent plus faire face à la crise

À ce jour, 17 millions de personnes vivent en situation d'insécurité alimentaire au Yémen et la crise humanitaire (phase 4 du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, IPC) a déjà été déclarée dans la province d'Hodeïda. La capacité de la population à faire face à la crise est pratiquement épuisée. Cette situation est extrêmement alarmante car une attaque du port signifierait un arrêt des importations et une insécurité alimentaire proche de la famine (phase 5 de l'IPC) pour une partie de la population.

Afin d'éviter un nombre de victimes important parmi les civils, des déplacements massifs de population, une famine, ainsi que l'échec des efforts fournis par Martin Griffith, envoyé spécial des Nations Unies, dans le but d'ouvrir des négociations pour la paix, nous exigeons instamment à toutes les parties au conflit de ne pas engager de nouvelles activités militaires dans la région d'Hodeïda et dans le port de Salif, qui constituent une planche de salut pour environ deux tiers de la population yéménite.

Au nom de la paix, les combats dans la région d’Hodeïda doivent cesser. Nous appelons toutes les parties au conflit à cesser immédiatement toute violence, à maintenir les ports d’Hodeïda et de Salif ouverts et opérationnels, ainsi qu’à protéger la population civile contre les violences.

 

Signataires : Action Contre la Faim, Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés, CARE International, FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l'homme), Handicap International, Ligue des droits de l'Homme, Médecins du Monde, Norwegian Refugee Council, Oxfam France, Refugees International, Relief International, Saferworld, Sisters' Arab Forum for Human Rights, SumOfUs.