Syrie : sept ans d'impunité

Syrie : sept ans d'impunité

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Les parties en conflit et leurs alliés respectifs tuent en toute impunité tandis que la communauté internationale se débat dans son impuissance.

Ce 15 mars marquait les sept ans de guerre en Syrie. Tout a été dit sur l'ampleur de ce conflit. 350 000 morts ont été identifiés. Le pays est exsangue. Plus de la moitié de la population syrienne est en exil ou déplacée à l'intérieur du pays. Médecins du Monde appelle la communauté internationale à accélérer les négociations pour mettre en terme à la guerre et pour garantir l'accès de l'aide humanitaire.

« Depuis 7 ans, l'accès aux soins et à la santé sont devenus des armes de guerre, » témoigne Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du Monde. « Détruire les hôpitaux, alors que les bombardements poussent les civils vers ces lieux où ils devraient trouver refuge et se faire soigner, c'est attaquer l'intégrité physique de la population et lui signifier que les attaques n'épargneront rien ni personne, pas même les enfants. » Ces trois dernières semaines, un tiers des 1.000 personnes ayant péri dans la Ghouta orientale était des enfants. Au cours de ce conflit, le personnel médical a été décimé. Les centres médicaux ont été attaqués presque systématiquement.»

11,3 millions de Syriens, le plus grand nombre de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, ont besoin d'une assistance médicale et survivent dans des conditions difficiles. Les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies se succèdent et sont violées aussitôt adoptées. Les supposées zones de désescalade fixées par les accords d'Astana ne le sont que sur le papier. Cette guerre signe la faillite d'un système international à bout de souffle.

Médecins du Monde se refuse à la fatalité ambiante et exige, une fois de plus, que soit privilégiée une solution politique. Les différentes composantes de la communauté internationale doivent déployer une force d'interposition internationale afin de désarmer les belligérants. Une diplomatie de résolution du conflit doit permettre le règlement politique de cette guerre. L'Union européenne peut peser de tout son poids en identifiant les points-clés d'une solution et en usant tant de sanctions que d'incitants à l'égard des belligérants et de leurs soutiens. Ces sanctions et ces incitants doivent pouvoir faire la différence.
La société civile syrienne doit être impliquée, en coordination avec les États ou les organisations inter-gouvernementales pour aboutir à la réconciliation et à une paix juste. C'est elle qui a déployé solidarité et entraide dès le début du conflit. « Sans elle, la paix sera injuste, » avertit Pierre Verbeeren.

Enfin, Médecins du Monde appelle à un respect effectif des trêves humanitaires pour répondre aux besoins sanitaires toujours plus importants de la population civile en raison de l'intensification des violences, ainsi qu'à la fin de l'impunité. À cette fin, Médecins du Monde organisent une mobilisation symbolique le lundi 19 mars à 12h30 dans le Parc du Jardin Botanique à Bruxelles.