Sommet Humanitaire Mondial : Médecins du Monde défend le rôle crucial des ONG du Sud

Sommet Humanitaire Mondial : Médecins du Monde défend le rôle crucial des ONG du Sud

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Les 23 et 24 mai prochains aura lieu à Istanbul le premier World Humanitarian Summit (WHS), occasion pour les acteurs de la communauté internationale de redéfinir les modes de réponse d’un secteur marqué par des besoins humanitaires sans précédent et de proposer des engagements concrets. Médecins du Monde (MdM) y défendra trois axes clés : le partenariat avec les ONG du Sud, la sanctuarisation des lieux de soins et l’insuffisance des États face à la crise migratoire actuelle.

L’alliance avec les ONG du Sud

Pour une pratique humanitaire équilibrée, les acteurs « du Nord » doivent renforcer les capacités de réponse des ONG « du Sud » et celles de la société civile. Depuis plus de 30 ans, Médecins du Monde travaille en coopération avec ces acteurs locaux, principaux concernés par les crises humanitaires et souvent les premiers à y répondre. Ils sont décisifs et incontournables par leur connaissance du contexte.

« Il faut que tous les acteurs travaillent ensemble et en collaboration avec les ONG du Sud. Il est aussi indispensable que les relations entre les ONG, les Nations Unies et les donateurs changent radicalement. C’est la seule manière dont nous pourrons faire face aux crises du futur. Ce sommet réunira 125 ONG « du Nord » et 375 « du Sud » : c’est une avancée importante » explique Stéphane Heymans, Directeur des Opérations de Médecins du Monde Belgique. MdM soutient les ONG du Sud dans leur demande d’accéder aux financements humanitaires dont seulement 1% leur est aujourd’hui destiné.

La sanctuarisation des lieux de soins et la protection du  binôme « soignant/soigné »

Les bombardements récents des civils et des structures de soins à Alep ou au Yémen témoignent des risques associés au travail humanitaire. L’accès aux blessés, aux lieux de soins et le déploiement de l’assistance sont de plus en plus entravés. Le sommet humanitaire mondial sera l’occasion de réitérer notre appel pour la protection des structures de santé, du personnel médical et des blessés.

« Il est aujourd’hui dangereux d’être un acteur humanitaire » enchaîne Stéphane Heymans. « Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté en faveur de la protection des hôpitaux : c’est un premier pas. Mais nous demandons une sanctuarisation des structures de soins pour que le travail qui y est effectué le soit en toute sécurité. Le droit humanitaire international doit être respecté. »

L’insuffisance des États face à la crise migratoire

En 2016, 125 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire. Le nombre de personnes déplacées et réfugiées, 60 millions, a presque doublé en une décennie. Ce chiffre traduit l’ampleur de la crise migratoire due l’absence de résolutions politiques. Le Sommet humanitaire mondial a lieu en Turquie, qui accueille à ce jour la plus grande population de réfugiés au monde, soit plus de 3 millions de personnes. « La Turquie est un lieu symboliquement fort et l'avenir d'une certaine conception de l'humanitaire s’y joue. L’accord UE-Turquie est révoltant. L’Europe doit fournir une solution politique collective et courageuse pour faire face à l’afflux de migrants » conclut Stéphane Heymans.

Le Sommet Humanitaire mondial est l’opportunité pour nous d’influencer l’humanitaire de demain. De même, les Etats doivent prendre leurs responsabilités. Nous les appelons à aller au-delà  des simples déclarations d’intentions et à s’engager sur des réponses politiques concrètes.