Soigner en temps de guerre : 2 travailleurs de terrains reviennent sur leur année au Mali.

Soigner en temps de guerre : 2 travailleurs de terrains reviennent sur leur année au Mali.

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Mars 2012. « Pays exemplaire », le Mali s’enfonce dans une crise inouïe : plus d’un demi-million de personnes prennent la fuite et le nombre d’enfants mal-nourris devient alarmant. Deux personnes étaient en première ligne quand tout a commencé. 18 mois plus tard, ils y sont toujours. Dr. Zakaria, surnommé « Zak » et Mohammed, surnommé « Momo », reviennent sur une année mouvementée.

 Dr Zakaria, coordinateur à Kidal « Quand la crise a éclaté, je travaillais depuis 3 ans pour MdM.  Notre priorité était alors d’étendre le programme de développement : réfléchir à la rénovation des centres de soins et à la formation des sages-femmes. Quand la crise a éclaté, nous ne savions pas quoi faire. On peut difficilement continuer à former des sages-femmes alors que les gens prennent la fuite et que le système de santé public s’effondre. »

 Mohammed, coordinateur général au Mali « Le système de soins nous a causé beaucoup de soucis : avec le conflit, le personnel de santé local a aussi pris la fuite, ce qu’on peut difficilement lui reprocher.  Mais les centres de soins étaient paralysés : envolés le personnel, les médicaments et, bien sûr, les soins. Et en plus de ça,  les besoins de la population explosaient. »

 Dr. Zak : « Nous avons décidé de suspendre nos programmes pour deux semaines et de réfléchir aux  options qui restaient: devions-nous partir pour le Nord du pays, à l’instar de nombreuses autres organisations ? Ou pouvions- nous rester et transformer notre programme de développement en un programme de crise ? »

Mo : « Heureusement, nous avons choisi cette dernière option. On dit toujours : ‘c’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amis.’  Eh bien : Médecins du Monde s’est avéré être un très bon ami. » 

Dr. Zak : «  Absolument.  Une fois que nous avons décidé de rester, tout s’est passé très vite : la décision de réapprovisionner les 24 centres de soins en médicaments et personnel,  la mise au point d’un programme pour 5000  enfants sous-alimentés, la mise en place d’équipes mobiles pour ceux qui n’avaient pas accès aux centres : l’année passée, nous avons soulevé des montagnes. »

Mo : « Et nous continuerons à le faire.  De nombreux Nord-Maliens reviennent,  au compte-goutte. La situation a commencé  progressivement à se stabiliser, même si on ne peut jamais être certain de ce que l’avenir nous réserve.  L’année à venir sera, on l’espère,  une année de guérison.  Une guérison à laquelle MdM travaillera d’arrache-pied. »   µ

Ecoutez ici l'interview de Dr. Zak et Mohammed Cornier