Retour à la case départ à Dunkerque

Retour à la case départ à Dunkerque

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Surpopulation, violence et aucune protection pour les mineurs : à Dunkerque, la situation se dégrade à nouveau, un an après l'ouverture d'un camp "aux normaes humanitaires internationales".

En ce moment-même, 50 personnes se voient obligées de dormir dans les cuisines. Dans les 300 abris, 1.500 personnes sont entassées à 5 sur 5 mètres carrés. Les dortoirs sont en mauvais état et envahis par la moisissure. Dans les douches, il n’y a que de l’eau glacée. Ceux qui tentent de se chauffer prennent des risques : 29 personnes ont déjà été envoyées à l’hôpital après une intoxication au monoxyde de carbone. « Inutile de dire que ce camp ne répond pas aux normes internationales pour les camps de réfugiés, » selon Amin Trouvé Baghdouche, coordinateur général pour Médecins du Monde à Calais. 

Une équipe psychosociale de Médecins du Monde évalue la situation et réfère les malades vers les hôpitaux : « Nous voyons des cas de gale, des infections respiratoires suite à des expositions au froid, des affections cutanées, des piqûres de puces» explique Valérie Denoual, infirmière chez Médecins du Monde.

De nombreuses familles et enfants

De nombreuses familles se trouvent également à Dunkerque, avec 150 enfants au total. « En plus de la situation sanitaire lamentable, nous sommes inquiets pour la sécurité. Il n’y a aucune zone réservée aux femmes ou aux enfants et les toilettes ne peuvent plus être fermées à clé. Les femmes n’osent pas y aller seules, et certainement pas la nuit. »

Les conditions de vie, le risque de violence, l’exposition au froid : autant de facteurs qui aggravent encore les problèmes de santé mentale existants. « Ces personnes ont souvent beaucoup souffert : elles ont dû quitter leur pays et on souvent eu un parcours difficile. Et puis elles arrivent ici. Selon des chiffres récents, 30 à 50% d’entre elles souffrent d’un syndrome de stress post-traumatique. » raconte Erwan Bois, psychologue chez Médecins du Monde.

Médecins du Monde demande aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour que le camp remplissent au moins les normes internationales humanitaires. Une zone protégée doit être établie pour les femmes et les enfants.

Nous rappelons également que les autorités qu’elles se sont engagées – avec les autorités britanniques – à mettre en place un dispositif de suivi des mineurs désireux de rejoindre le Royaume-Uni. Il est impératif que sur ce camp, les mineurs non accompagnés soient protégés. Il doit être aménagé un lieu d’accueil spécifique qui les prendrait en charge et les mettrait à l’abri de toute menace interne ou externe au camp.