Quelles sont les suites de la lettre ouverte pour la Grèce? Médecins du Monde s’est rendue au cabinet du Premier Ministre belge.

Quelles sont les suites de la lettre ouverte pour la Grèce? Médecins du Monde s’est rendue au cabinet du Premier Ministre belge.

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Cette après-midi une délégation composée de Médecins du Monde et du Professeur Michel Degueldre, en tant que représentant du monde académique et médical, s’est rendue au cabinet du Premier Ministre belge. La visite concernait la lettre ouverte récemment adressée au gouvernement et dans laquelle l’organisation ainsi que 30 personnalités du monde médical exprimaient leur inquiétude par rapport au système de santé grec. La délégation est venue aujourd’hui au cabinet en demandant au gouvernement belge de jouer son rôle de garde-fou du système de santé grec.

“Cette fonction de surveillance est plus que jamais nécessaire” explique Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du Monde, “car déjà après une première lecture du récent accord, de nombreuses questions émergent. Des questions que le gouvernement belge formulera dans l’hémisphère européen, espère Médecins du Monde.” Un aperçu.

Le récent accord mentionne la volonté d’assurer l’accès universel au soins, même pour les 2 millions de Grecs qui sont actuellement sans couverture médicale. Un plan admirable. Mais comment sera-t-il réalisé? “L’accord actuel ne mentionne aucun plan concret pour atteindre ces objectifs ambitieux. Aucune indication non plus sur la façon dont ce plan sera financé: aucun détail, alors même que le pays est confronté à des restrictions budgétaires drastiques.”, commente Pierre Verbeeren.

L’accord parle d’instaurer à partir d’octobre la mesure dite des 5 euros. Cette mesure suppose que toute visite à l’hôpital se soldera par le paiement d’une somme de 5 euros. Comment cela peut-il se conjuguer à l’accès aux soins pour l’ensemble de la population? “La mesure des 5 euros avait déjà été appliquée par le passé et immédiatement annulée à cause de son impact négatif sur l’accès aux soins. L’imposition de barrières financières à une population dont 2,5 millions de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté et dont un tiers ne peut plus chauffer sa maison nous paraît problématique. De plus, ce plan est en totale contradiction avec la garantie de l’accès aux soins universels”, souligne Verbeeren.

L’accord évoque la possibilité de rationaliser les médicaments et les procédures de diagnostic les plus coûteuses. Comment cela sera-t-il appliqué? Et est-ce une bonne idée? “Entre 2008 et 2011 le nombre de dépressions sévères s’est multiplié par 2,5. Durant la même période, les diagnostics HIV-positif ont presque doublés. Dans le cadre d’une politique d’économie, est-ce une réponse éthique de refuser un traitement ou des médicaments à des personnes atteintes de maladies graves, comme par exemple un cancer? Qui plus est cette mesure va également à l’encontre de la mise en place d’un accès aux soins universel”, conclut le Professeur Michel Degueldre.

Le cabinet du Premier Ministre a reçu la délégation et a attentivement écouté ses préoccupations. Le Premier Ministre a promis, par le biais d’une de ses collaboratrices, une réponse rapide.