Premier Bilan du Plan Hiver

Premier Bilan du Plan Hiver

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Durant les mois les plus froids, Médecins du Monde renforce ses soins aux sans-abri en offrant chaque soir des consultations médicales et paramédicales dans les centres d’hébergement gérés par le SAMU social. Médecins du Monde propose dans ces centres une consultation paramédicale 7j/7 et une consultation de médecine générale 3 j/7, de 19h à 22h30. Cet hiver, plus de 200 bénévoles, professionnels de la santé, ont participé à ce projet.

L’objectif de ces consultations est d’offrir des soins, d’identifier les urgences et de redonner confiance aux sans-abri dans le système de santé. La consultation permet également un travail de prévention et d’envoi des patients vers des structures spécialisées afin de garantir la continuité des soins. Un système d’accompagnement de jour a été mis en place pour suivre ces patients.

Cette année la qualité de la prise en charge par Médecins du Monde s’est nettement améliorée. La continuité des soins a pu être garantie, notamment via des collaborations avec d’autres institutions de soins, telles que Maisons Médicales et CPAS.

Quelques chiffres relatifs aux consultations (chiffres partiels) :

-  5.875 consultations - le double de l’hiver dernier - pour 1.800 patients environ.

-  En collaboration avec la FARES (Fonds des Affections RESpiratoires)/VRGT (Vlaamse Vereniging voor Respiratoire Gezondheidszorg en Tuberculosebestrijding), 287 dépistages tuberculose ont été effectués. 12 d’entre eux étaient suspects : ces patients ont été soumis à des examens complémentaires.

-  286 patients suivis et accompagnés par nos bénévoles (envoi vers d’autres services de Médecins du Monde/ envoi vers des maisons médicales/ envois vers des centres de dépistages VIH ou Tuberculose)

-  200 bénévoles actifs (dont 25 médecins généralistes).

-  40% des patients n’ont pas de couverture santé. 20% des patients seulement ont un médecin généraliste (contre 95% de la population belge).

Lors de nos consultations, nous avons constaté les conséquences de l’absence d’accès aux soins, du manque d’hygiène et du mode de vie éprouvant : pathologies telles que la gale, les maladies respiratoires hivernales, les plaies sur les jambes et les pieds... Nos bénévoles ont témoigné de la dégradation de la santé physique et mentale des personnes vivant dans la rue - la solitude, l’exposition à la violence, les assuétudes.

Nous avons également été témoin des obstacles auxquels nos patients sont confrontés pour accéder aux soins de santé dans des établissements hospitaliers, en raison de leur statut précaire de sans abri.

Les besoins en soins de santé ne diminuent évidemment pas le 31 mars, avec la fin du plan hiver. La fermeture des structures d’hébergement du SAMU social a une conséquence importante : Médecins du Monde rencontre de grandes difficultés à continuer à soigner les sans-abri, aller à leur rencontre devenant plus compliqué. Pourtant, on ne meurt pas moins en rue en été qu’en hiver.

Médecins du Monde demande :

-  Une véritable politique de première ligne médicale (curative et préventive), ainsi que la mise en place d’outils d’accompagnement pour garantir la prise en charge des plus démunis.

-  L’envoi immédiat des personnes en grande vulnérabilité médicale vers des structures spécialisées, les lieux d’urgences n’étant pas adéquats pour les femmes enceintes, les patients psychiatriques, les patients porteurs du VIH,…

Témoignage : Sugumi, Coordinatrice du plan hiver pour Médecins du Monde.

« Certains de nos patients ont des problèmes de santé graves, et nous nous inquiétons de la manière dont ils vont survivre dans la rue après la fermeture du Plan Hiver.

Hier, nous avons vu M. Adam, détenteur d’une carte SIS. Il est séropositif, il a l’hépatite B, ainsi que d’autres maladies liées à son immunité faible.

Il avait des difficultés à obtenir un traitement spécialisé, et son état de santé était très mauvais. Après quelques tentatives et des refus de prises en charge, il a finalement été hospitalisé via un accompagnement de Médecins du Monde et pourra maintenant recevoir le traitement dont il a besoin.

Il n’est pas le seul qui nous préoccupe. Nous pouvons apporter de l’aide de manière ponctuelle, mais il faut construire des solutions durables et effectives pour l’accès aux soins des personnes précarisés. »

PS : les chiffres définitifs de nos activités seront disponibles fin mars.

Pour plus d’informations :
Stéphane Heymans
Coordinateur projets belges
Médecins du Monde
+32 2 513 25 79