Nouveau bombardement d'un hôpital en Syrie : 21 blessés et 9 morts

Nouveau bombardement d'un hôpital en Syrie : 21 blessés et 9 morts

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Un hôpital soutenu par Médecins du Monde, situé au sud de la Syrie dans le gouvernorat de Deraa, a été bombardé dimanche 31 juillet. Médecins du Monde réitère sa demande d’un arrêt immédiat des attaques visant les structures de santé pour mettre fin à l’inacceptable escalade de la violence.

D'après le témoignage des équipes que Médecins du Monde soutient sur place, l'hôpital de Jassem a été touché par des tirs aériens et n'est plus fonctionnel. Cet hôpital prenait en charge plus de 3.000 patients par mois auxquels étaient délivrés des soins primaires. A l’heure où nous écrivons, nos partenaires déplorent 21 blessés et neuf décès, dont deux membres du personnel médical. Malheureusement, ce chiffre risque d’augmenter en raison de l’état critique de certains blessés.

La dégradation de la situation dans le sud de la Syrie s’ajoute aux difficultés rencontrées par les acteurs humanitaires pour intervenir dans d’autres gouvernorats, dont celui d’Alep. « Les bombardements contre les hôpitaux ne cessent de s’intensifier et la situation sanitaire est catastrophique dans la partie Est d’Alep : les populations vivent l’enfer. C'est tellement dangereux de se faire soigner à l'hôpital que le personnel préfère accueillir les patients dans des lieux cachés, sous terre, aux dépens de la qualité des soins et de la vie des civils » s’alarme le  Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du Monde Belgique.

Les civils pris au piège

Dans la partie Est d’Alep encerclée, les civils sont bloqués et les effets du siège sont dramatiques. Hommes, femmes et enfants se retrouvent dans la quasi-impossibilité d’être soignés ou de s’alimenter, en raison de la flambée des prix et de la pénurie des produits de base. « Les structures de soins et les voies d'approvisionnement sont volontairement bombardées dans le cadre d’une stratégie militaire qui vise cyniquement à faire fuir les gens par les corridors humanitaires, où ils deviennent la cible du régime et de ses alliés. Les civils sont pris au piège et nous arrivons à un point de non-retour » poursuit Pierre Verbeeren.

Médecins du Monde renouvelle son cri d’alarme et son indignation. Nous demandons à la communauté internationale de faire pression pour stopper le siège d’Alep et permettre aux civils d’accéder à l’aide humanitaire. Les corridors humanitaires gérés par les parties prenantes au conflit ne sont pas une alternative viable.

En Syrie, Médecins du Monde a mis en place des cliniques fixes et mobiles pour pallier le manque d’infrastructures et ainsi offrir des soins de santé primaire à la population des gouvernorats d’Idlib, Alep et Deraa. L’association appuie également des partenaires syriens : elle approvisionne les centres de santé et les hôpitaux encore actifs d’Alep en médicaments, en équipement et en consommables. Dans la ville d’Alep, Médecins du Monde et ses partenaires soutiennent 8 structures de santé.