Monsieur le Premier Ministre : choisissez l'humanité

Monsieur le Premier Ministre : choisissez l'humanité

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Il est temps de vous positionner d'un côté ou de l'autre de l'Histoire.

Monsieur le Premier Ministre,

Cette semaine, vous accueillez dans notre pays vos homologues européens. Parmi eux : Angela Merkel, qui a ouvert les frontières de son pays aux migrants, il y a deux ans. Mais aussi Viktor Orban, qui a refusé tout accueil de réfugiés, allant même jusqu'à organiser un référendum populiste contre leur simple présence sur son territoire. Auprès de qui allez-vous vous asseoir ?

Monsieur le Premier Ministre, il est temps de vous positionner d'un côté ou de l'autre de l'Histoire. Au parc Maximilien, dans les rues de Bruxelles, capitale belge et européenne, les migrants (et les migrantes, pour 15% d'entre eux) sont arrêté·e·s. Ce sont les citoyen·ne·s qui assurent l'hospitalité que l'État leur refuse. Ces familles d'accueil montrent comment ne pas laisser s'installer méfiance et la peur de l'autre. La Belgique peut ne pas s'engager sur la voie de l'inhumanité.

Notre demande – et celles de milliers de citoyens et de pouvoirs locaux – est simple : nous voulons que les migrants nouvellement arrivés en Belgique sans demander l'asile soient orientés dignement ; qu'ils ne subissent plus de violences, et que les actions de solidarité à leur égard soient sanctuarisées.

Ferme et inhumaine

La politique « humaine mais ferme » dont vous vous revendiquez n'a pas encore trouvé de moyen d'expression et les citoyens montrent l'exemple. La réponse proposée actuellement n'a qu'un seul objectif : faire disparaître ces personnes, en les expulsant ou en les éparpillant dans la capitale. La fermeté est partout. L'humanité, nulle part.

Monsieur le Premier Ministre, nous vous proposons une solution : l'ouverture d'un Centre d'Accueil et d'Orientation. Il permettrait de protéger les migrants, de rassurer les riverains et les commerçants, de contrôler la situation. Il assurerait à court terme la prise en charge des quelques 400 personnes actuellement présentes à Bruxelles – soit à peine 2% du nombre annuel de demandeurs d'asile en Belgique. Et assurerait à long terme qu'une telle situation ne se représente plus.

Vous vous positionnez aujourd'hui parmi les jeunes responsables influents de l'Union Européenne – voici votre chance de prouver votre leadership. Les logiques humanitaires, sécuritaires et internationales peuvent cohabiter. Droits Humains, ordre public et règles de séjour sur le territoire ne sont pas incompatibles. Soyez le leader qui dit « stop » au rejet et à la peur en faveur d'une action de contrôle et de protection.

Un chassé-croisé qui ne sert personne

Cela commence par Bruxelles. Cessons ce jeu de chassé-croisé qui ne sert personne. Les policiers ne veulent pas chasser, arrêter, enfermer des gens dont le comportement ne le justifie en rien. Les migrants ne peuvent être maintenus dans cet état d'errance qui leur est sans cesse reproché. Les organisations et les citoyens n'ont pas envie d'être les témoins de l'inaction – ou pire, des violences ! - de leur pays. Finissons-en avec les camions de police, les agents soudanais, les insultes au Maroc et les bras de fer entre niveaux de pouvoir !

Monsieur le Premier Ministre, vous pouvez dès aujourd'hui prendre l'initiative. Mettez fin à la spirale de violence et d'exclusion. Appuyez-vous sur la solidarité citoyenne pour créer un espace humanitaire sanctuarisé où l'État contrôle vraiment la situation et où chacun reçoit la protection dont il a besoin. C'est le seul moyen de faire revivre le principe d'humanité et d'enrayer la criminalisation de la solidarité qui ne peut s'enraciner chez nous.