Mission Haïti : des résultats concrets en faveur des populations

Mission Haïti : des résultats concrets en faveur des populations

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MdM Belgique est présent en Haïti depuis janvier 2010 où nous sommes intervenus en urgence pour venir en appui logistique aux autres délégations de MdM suite au tremblement de terre. Ensuite, nous avons lancé un programme à la maternité de Petit-Goâve. En novembre 2010, le choléra est réapparu en Haïti pour la première fois depuis plusieurs décennies. A la demande de la Direction Sanitaire du Département des Nippes, Médecins du Monde est intervenu dans la prise en charge de l’épidémie. En parallèle, MdM a formé des gynécologues en dernière année de spécialisation ou en poste à la Maternité Isaïe Jeanty des Chancerelles (Port-au-Prince) à l’échographie et à la chirurgie. Nous travaillons à présent aux côtés de la Direction sanitaire des Nippes à la formation de ses ressources humaines pour lutter efficacement contre l’épidémie de choléra.

Basile Ema Ebédé a assuré la coordination de cette mission durant ces 14 derniers mois. Rencontre d’un acteur de terrain.

Qu’avez-vous pensé de la présence de MdM en Haïti durant votre mission sur place ?

Mon bilan est assez positif même si je reconnais que la pérennisation des actions dans ce pays se heurte à des difficultés structurelles et à une rareté des financements à moyen et long terme.

Haïti est un pays où il faut agir avec tact et délicatesse. Je pense que Médecins du Monde a travaillé dans cet esprit pour obtenir des résultats concrets en faveur des populations locales. MdM Belgique est une ONG à dimension humaine, presque familiale, qui a pour objectif de travailler aux côtés des acteurs locaux, en respectant les priorités déterminées par les autorités. MdM a pour objectif de fournir un soutien aux politiques de santé décidées par le gouvernement tout en veillant cependant à prendre le temps de renforcer les capacités locales. Nous essayons de favoriser l’autonomie des structures de santé locales.

Quels résultats de l’action de MdM en faveur de la santé maternelle et infantile avez-vous pu constater ?

Pendant près de deux ans, nous avons travaillé à la maternité de Petit-Goâve située à 70 km de Port-au-Prince. Cet hôpital avait un très faible taux d’accouchement (entre 20 et 40 par mois), ce qui était très peu pour un hôpital qui dessert une population de près de 174.000 personnes. La salle d’hospitalisation de la maternité avait été détruite par le séisme du 12 janvier 2010, elle a été transférée dans un abri transitoire. Au fil des mois, nous avons ainsi pu augmenter le nombre d’accouchements effectués, allant jusqu’à 200 accouchements pour certains mois. Nous avons par ailleurs amélioré la qualité des services grâce à l’arrivée d’un anesthésiste et d’un gynécologue supplémentaires, ce qui a permis de pratiquer des césariennes et une plus grande couverture horaire des soins.

Surtout, nous avons pu constater une très forte diminution de la mortalité néonatale dans cette maternité de Petit-Goâve. Concrètement, notre action dans cet hôpital a permis d’éviter de nombreuses complications obstétricales et d’épargner la vie de nombreuses mères et de nombreux enfants. Nous avons également amélioré la qualité du bloc opératoire en faisant des petits travaux de réhabilitation et en fournissant du nouveau matériel et des médicaments. Nous avons aussi formé une quarantaine de personnes au sein de l’hôpital et autant de personnes d’autres organisations.

Ces différentes améliorations ont permis de renforcer la réputation de la maternité dans la région, entraînant un plus grand recours à ses services. Les populations venaient donc s’y faire soigner en toute confiance. D’autant plus que les soins étaient gratuits !

Quels sont les projets futurs ?

Actuellement, nous préparons un projet en Santé Sexuelle et Reproductive dans le département des Nippes. Nous travaillerons à l’hôpital Sainte-Thérèse de Miragoâne et dans quatre centres de santé. Par conséquent, une autre aventure commence, toujours avec l’objectif premier de faire en sorte de pérenniser notre action afin que les structures de santé puissent fonctionner correctement et en toute autonomie après notre départ.

Un autre programme a été mis en place pour aider les Haïtiens à traiter le choléra. Qu’en est-il aujourd’hui ?

En 2011, notre action pour traiter l’épidémie de choléra dans les Nippes a été satisfaisante : nous avons soigné 4300 personnes, soit plus de 60% de l’ensemble des personnes touchées dans le département, avec un taux de mortalité institutionnelle très faible (0,50 % seulement). Les équipes ont vraiment très bien travaillé pendant toute l’année 2011 !

Aujourd’hui, nous travaillons sur un projet d’appui technique avec la Direction sanitaire des Nippes pour transmettre un maximum de compétences afin que les autorités publiques puissent faire face en toute autonomie à des nouvelles flambées ou une éventuelle nouvelle épidémie. Nous avons transmis les structures mises sur pied par nos équipes, ainsi que du matériel et des médicaments. Outre un accompagnement sur la gestion de la réponse à la maladie (comment coordonner l’action des différents acteurs lors d’une épidémie de choléra ? Où faut-il placer les stocks de matériel et de médicaments ?...), nous formons le personnel soignant à la prise en charge médicale spécifique de cette maladie.

Notre credo est de leur donner les outils pour gérer une épidémie prochaine avec les moyens humains disponibles et sans qu’il soit nécessaire de déployer des moyens financiers trop importants. Il faut donc mettre l’accent sur la prévention et la détection précoce des épidémies, sur l’éducation et la sensibilisation. Il est également nécessaire de faire en sorte que les soins de santé soient disponibles au plus près des patients afin d’éviter au maximum les transferts souvent coûteux et risqués pour le malade.

Avec quels sentiments quittez-vous aujourd’hui le pays ?

Haïti peut compter avec de nombreux professionnels de la santé talentueux et désireux d’œuvrer pour améliorer la santé publique de leur pays. Notre action doit viser à leur transmettre des compétences et des moyens durables qui puissent être gérés en toute autonomie par les autorités publiques.