Migrants en transit à Zeebruges : 2 ans de criminalisation de la solidarité et de violences contre les réfugiés

Migrants en transit à Zeebruges : 2 ans de criminalisation de la solidarité et de violences contre les réfugiés

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Aujourd'hui, l'exposition « coincés à Zeebrugge » s'ouvre à l'église Saint Donatienne. Les images montrent un aperçu du travail bénévole et du monde caché des migrants en transit sur la côte. Fin 2015, les premiers migrants sont arrivés sur la côte. Deux ans plus tard, il apparaît que l'aide humanitaire sur place n'entraîne pas ce soi-disant appel d'air tant mis en avant. Plus problématique : la polarisation croissante et les témoignages de patients et de volontaires locaux concernant les violence et répression de certaines unités de police.

« Depuis deux ans, nous enregistrons des témoignages de violences de la part de nos patients et de nos bénévoles », explique Nel Vandevannet, directrice des projets belges de Médecins du Monde. « En septembre, des bénévoles locaux ont rapporté un incident au cours duquel un garçon soudanais s'est cassé une jambe après avoir été agressé par la police avec une matraque, mais malheureusement des incidents similaires se sont produits maintes fois au cours des deux dernières années. » 

Ces histoires vont de la casse des téléphones à la saisie de sacs de couchage ; des blessures dues à l’usage de la force par la police à la violence insensée avec les migrants sont maintenus au sol pendant les contrôles. « Pendant ce temps, de plus en plus d’habitants de Zeebruges expriment leur indignation à propos de cette façon de travailler dans leur commune. »

Polarisation de l'atmosphère

Depuis l'appel « à ne pas nourrir les réfugiés » du gouverneur de la province il y a deux ans, l'atmosphère à Zeebruges s'est polarisée : « D'un côté, un noyau dur de volontaires qui apporte une aide structurelle chaque jour, et d’un autre côté un noyau dur de la police, qui entrave structurellement l'aide en faisant parfois aussi usage de la violence, et entre les deux… les gens ordinaires qui doivent regarder. »

Le jeu du chat et de la souris entre la police et les migrants a assez duré, dénonce Médecins du Monde. « Par exemple, la police confisque les sacs de couchage distribués par les volontaires à peine quelques jours avant, ou vient avec ses combis lors de la distribution de nourriture à l'église. Il est grand temps de s'asseoir à la table en… adultes. » poursuit Nel Vandevannet. « Depuis deux ans, il semble que cette aide minimale ne mène pas au fameux « appel d'air » dont on nous a tant parlé. D'autre part, il n’est plus possible de passer sous silence l'attitude de certaines unités de police. Nos tentatives de discussions avec les autorités locales n'ont jusqu'ici donné aucun résultat. Nous attendons un changement maintenant et espérons un dialogue possible avec toutes les parties au sujet de ce qui se passe à Zeebrugge. »

Médecins du Monde a ouvert une antenne de soins début 2016, hébergée dans le presbytère de Zeebruges. Depuis lors, une consultation est organisée chaque semaine. Les chiffres de 2016 et 2017 montrent que la majorité des patients vient du Soudan. Les plaintes médicales les plus courantes concernent les troubles cutanés et respiratoires, les problèmes dentaires et les traumatismes. En moyenne, 5 à 10 patients sont reçus chaque semaine. En outre, l'assistance juridique et alimentaire est fournie par le presbytère lui-même, les citoyens locaux, Caritas et Orbit asbl.