Médecins du Monde en mission médicale dans les Balkans

Médecins du Monde en mission médicale dans les Balkans

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Depuis début novembre, une équipe mobile de Médecins du Monde assure une permanence médicale dans les Balkans. Une équipe mobile se déplace en suivant les routes empruntées par les réfugiés. Elle s’arrête aux endroits où les besoins médicaux sont les plus criants. Ce fut le cas à Gornja Radgona, un camp de réfugiés à la frontière austro-slovène, où une équipe médicale a réalisé 50 à 100 consultations par jour. 30% des patients étaient des enfants.

L’équipe est composée d’un médecin, d’une infirmière, d’un médiateur culturel et d’une personne chargée de la récolte de données. Grâce à un Médibus, et une clinique facilement montable et démontable, l’équipe médicale peut intervenir rapidement.
Une évaluation a démontré que les soins médicaux dans le camp de réfugiés de Gornja Radgona – un ancien bâtiment administratif désaffecté – étaient insuffisants. Après concertation avec les autorités, nous avons pu nous mettre au travail”, explique Marie Broyde, médecin dans le camp. Le mois dernier, 500 à 1500 réfugiés passaient par le camp pour ensuite poursuivre leur route vers l’Autriche.

En 3 semaines, Médecins du Monde a réalisé plus de 1000 consultations, souvent en collaboration avec les médecins dépêchés par les autorités. Principales pathologies : affections respiratoires, infections virales et problèmes digestifs. Les réfugiés sont Syriens pour la grande majorité, Afghans, Iraniens ou encore Irakiens. Au total, Médecins du Monde a référé 10 patients vers l’hôpital. Parmi eux, des personnes cardiaques et des bébés gravement malades.

En plus du nombre important d’enfants, l’ONG s’inquiète pour les personnes âgées et handicapées ou encore pour les femmes enceintes, qui, seules, doivent faire le long chemin qui les séparent  de la frontière autrichienne. Pour aider ces personnes vulnérables, Médecins du Monde les y amène. Tous les jours, elle accompagne jusqu’à 50 personnes à la frontière autrichienne.

Contexte :

Depuis la fermeture de la frontière hongroise, le 17 octobre, 288.963 réfugiés sont arrivés en Slovénie. Depuis les nouvelles directives, plus de 2000 migrants qui n’étaient pas issus d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie ont été renvoyés à la frontière gréco-macédonienne. La semaine dernière, l’afflux de migrants à Gornja a fortement diminué. Ils ont été envoyés à Dobova, à la frontière croate. Médecins du Monde continue de monitorer la situation et décidera rapidement  de nouveaux endroits d’intervention dans la région.

Témoignage :
Je voyage avec mon mari et ma fille de 2 ans. Je suis enceinte de 5 mois. Nous avons fui tardivement. Nous voulions rester le plus longtemps en Syrie, mais il n’y avait plus d’avenir pour nous là-bas. Je suis biologiste et aimerais passer mon doctorat. J’espère que je pourrais pourduivre mes études en Europe. C’est déjà la 5ème fois que nous essayons de fuir la Syrie. La dernière fois, nous avons été retenus à la frontière turque. Ma dernière échographie remonte à 2 mois. Je me fais du souci pour mon bébé : je ne peux pas me faire examiner et la route est difficile. La traversée de la Syrie et de la Macédonie était tout particulièrement éprouvante. Nous avons été peu respectés, nous n’avions ni à boire ni à manger et ne pouvions pas en acheter car nous n’étions pas libres de nos mouvements. Depuis que nous sommes en Croatie, ça va mieux. Nous sommes à nouveau traités comme des êtres humains.”