Médecins du Monde au chevet de la politique de Maggie De Block

Médecins du Monde au chevet de la politique de Maggie De Block

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Récemment, la Secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Maggie De Block, a enfilé sa blouse blanche pour passer une soirée comme médecin bénévole au Plan Hiver. L’occasion, à l’approche des élections, d’avoir une discussion « critique » sur sa politique. « La venue de Mme De Block au Plan Hiver nous a permis de discuter publiquement des sujets sur lesquels nous sommes en désaccord » explique Pierre Verbeeren, Directeur Général de Médecins du Monde.

 Ce soir-là, ce n’est pas en tant que responsable du Plan hiver gouvernemental que Maggie De Block s’est rendue dans l’un des centres bruxellois d’accueil d’urgence, mais bien en tant que médecin.  En effet, pendant toute la durée de l’hiver, les plus fragiles y trouvent le gîte et le couvert….mais peuvent également y voir un docteur. Toute une soirée, l’ancien médecin généraliste a soigné des patients sans abri.

 Avant que les consultations ne débutent, Maggie De Block et Pierre Verbeeren ont eu une discussion musclée et sincère. « Etant en charge de l’asile, de l’intégration et de la pauvreté, l’accès aux soins de santé devrait être une priorité absolue de votre politique» a rappelé Pierre Verbeeren.« Pourtant, deux tiers des personnes les plus vulnérables en Belgique n’ont pas accès aux soins de santé. La plupart du temps, ce sont des migrants en situation de précarité, des personnes sans abri ou en situation de séjour irrégulier. Aujourd’hui, seules des ONG  telles que Médecins du Monde   font en sorte que ces personnes puissent être soignées. Il est grand temps de trouver une solution structurelle, donc durable. »

 Médecins du Monde a également pointé du doigt les conséquences négatives d’une politique de migration et d’asile récemment encore renforcée.  « Les réfugiés afghans dans l’impasse, les 40 familles qui passent la nuit au Plan Hiver par peur d’être envoyées dans un centre de retour et les familles Roms qui vivent dans les locaux de l’ULB depuis deux ans ne sont que quelques tristes exemples», a insisté M. Verbeeren.

 Le dossier concernant la régularisation médicale a également été abordé. Pour Médecins du Monde,  l’occasion de rappeler que renvoyer des personnes HIV positives dans leur pays d’origine au prétexte qu’un traitement y est disponible revient tout simplement à les condamner à mort. « Il est tout à fait illusoire de croire que ces personnes pourront poursuivre leur traitement » a conclu notre porte-parole.