Médecins du Monde : « Une catastrophe humanitaire se profile dans les Balkans »

Médecins du Monde : « Une catastrophe humanitaire se profile dans les Balkans »

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Ces 2 dernières semaines, Médecins du Monde était en mission exploratoire en Grèce, Macédoine, Serbie, Hongrie, Croatie et Slovénie. L’ONG y a évalué les besoins humanitaires et médicaux auprès des populations migrantes, dans la perspective d’y envoyer une équipe médicale. En parallèle, des soins de première ligne ont été dispensés. Les conclusions tirées de cette mission sont inquiétantes : la situation aux abords des frontières est dramatique et chaotique. Sur toute la ligne, le manque de coordination est frappant. Avec le manque d’aide humanitaire et l’hiver approchant, c’est un drame humanitaire qui se profile.

Des centaines de milliers de réfugiés sont bloqués dans les Balkans. Maintenant que la Hongrie a fermé ses frontières, la situation dans les autres pays des Balkans est toujours plus problématique. Les besoins humanitaires sont élevés. Les diagnostics sont parfois lourds, mais c’est avant tout d’un manque de respect de leur dignité dont les migrants souffrent (parmi eux, 15% de femmes et d'enfants). L’urgence est à davantage de coordination entre les pays concernés, autorités et ONG, et tout particulièrement aux abords des frontières. C’est encore plus vrai l’hiver approchant.

“Nous avons vu des situations dantesques, un manque structurel d’aide humanitaire. A Presevo, à la frontière entre la Serbie et la Macédoine, nous avons rencontré des personnes qui devaient parfois attendre 15 heures sous la pluie, épuisés,” explique le Dr. Daan van Brusselen, médecin bénévole auprès de Médecins du Monde.

La politique des quotas combinée à la fermeture des frontières provoquent un effet-domino ainsi qu’un goulot d’étranglement à leur passage. A cause du manque de coordination entre Etats, les flux sont mal gérés, les temps d’attente sont très longs. L’aide humanitaire est largement insuffisante, les besoins de première nécessité ne sont pas satisfaits :  Médecins du Monde a constaté des manques criants en termes d’hébergement, de nourriture, d’eau et de soins médicaux. 

“Un exemple : les distributions de vêtements, de protections contre la pluie, de couvertures. A certains endroits, elles ont lieu, à d’autres, elles sont totalement inexistantes. Les postes médicaux installés par les autorités se trouvent la plupart du temps uniquement dans les camps d’enregistrement. Avant d’atteindre ces camps, les réfugiés ont déjà fait la queue pendant des heures. C’est dans les files que les soins médicaux doivent déjà être proposés. Il est aussi important d’informer les gens : souvent, les réfugiés ne savent pas où il se trouvent, ce qu’ils doivent faire pour leur enregistrement ni combien de temps cela va durer. En résumé, il est urgent de mettre en place un “leadership” : l’hiver approche, si rien ne se passe, nous serons face à une catastrophe humanitaire”, s”inquiète le Dr. Van Brusselen.

Médecins du Monde rappelle l’importance d’un plan de coordination structurée : l’UE et l’UNHCR doivent pousser les Etats concernés à une concertation de qualité pour réduire les temps d’attente aux frontières. En parallèle, l’urgence est aussi à la mise en place d’un programme humanitaire d’urgence élargi.

Contact : marie-anne.robberecht@medecinsdumonde.be

Tél: 02 225 43 49  /  0493 25.49.09