Lutte contre le Sida – Prévention et dépistage : un travail de fond chez Médecins du Monde

Lutte contre le Sida – Prévention et dépistage : un travail de fond chez Médecins du Monde

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En Belgique, le nombre de nouvelles infections au VIH était en diminution de 9,8% entre 2015 et 2016. Des chiffres encourageant qui ne doivent pas masquer une réalité : il y a toujours en moyenne près de trois infections par jour dans notre pays (915 en 2016). C’est pourquoi tous les programmes de Médecins du Monde intègrent un volet « Prévention et dépistage ». Explications.

Que manger. Où dormir. Où aller. Comment survivre. Chez les patients de Médecins du Monde, les questions qui se posent au jour le jour sont des questions de survie. Chez les personnes sans abri comme chez les personnes migrantes, peu pensent à leur santé sexuelle. Il s'agit pourtant d'une question cruciale. « Ces deux types de publics en particulier sont plus vulnérables, » explique Karen Couderé, référente médicale VIH/IST pour Médecins du Monde. « Tout simplement parce que leurs conditions de vie les empêchent d'accéder à des soins de santé ou à une information correcte. C'est pour cela que nous avons intégré un volet prévention et dépistage dans la plupart de nos projets en Belgique. »

À la rencontre des bénéficiaires

Dans les centres de santé à Bruxelles et Anvers ou dans les projets mobiles (Médibus Hainaut et Bruxelles, équipes mobiles à Anvers), il est donc possible de faire un test de dépistage du VIH. « Nos équipes se rendent dans différents lieux de vie (squats, cafés/restaurants sociaux, événements communautaires), en partenariat avec des associations spécialisées, pour de la sensibilisation et des tests, » détaille Céline Glorie, référente santé sexuelle pour les projets bruxellois. « Et dans les Médibus, avec nos partenaires, nous proposons aussi des dépistages rapides aux personnes que nous rencontrons» Des projets qui permettent à Médecins du Monde de rencontrer des personnes plus vulnérables souvent moins accessibles, comme les travailleurs·euses du sexe, les usagers·es de drogue ou les migrants·es sub-sahariens·nes.

Une vision globale de la santé sexuelle

Mais la santé sexuelle dépasse le cadre des infections sexuellement transmissibles. Chez Médecins du Monde on veut l'envisager comme une approche globale, qui vise à permettre aux patients de vivre leur sexualité de manière libre et épanouie. « Cela veut dire une sexualité sans violence, sans risque, sans stigmatisation ou discrimination, » complète Céline Glorie. « Cela fait partie intégrante de la santé telle que nous l'envisageons. »

Mais de nombreux progrès restent à faire. « Dépistage et prévention sont une chose, mais pour les personnes que nous rencontrons qui vivent avec le VIH, l'accès aux traitements peut s'avérer extrêmement compliqué, » déplore Karen Couderé. Les personnes rencontrées par Médecins du Monde qui n'ont pas accès aux soins comptent généralement sur l'aide médicale urgente (AMU) pour obtenir leur traitement. Ce qui pose un problème de continuité des soins, d'une part parce que l'AMU doit être renouvelée tous les trois mois ; d'autre part parce qu'elle dépend des CPAS. Cela veut donc dire que lorsqu'une personne change de résidence (ce qui arrive régulièrement pour les publics précarisés de Médecins du Monde), elle doit faire une nouvelle demande. « C'est problématique pour la santé des bénéficiaires, et problématique au point de vue de la transmission, dont les risques augmentent alors, » conclut Karen Couderé.

Pour Médecins du Monde, il est grand temps que l'accès aux traitements pour le VIH et les autres maladies sexuellement transmissibles soit simplifié, en particulier pour les personnes en situation de vulnérabilité.