Les réfugiés pris dans la vague de froid qui touche l’Europe : « Le résultat de mauvaises décisions »

Les réfugiés pris dans la vague de froid qui touche l’Europe : « Le résultat de mauvaises décisions »

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En Hongrie, en Bulgarie et à la frontière Croate, Médecins du Monde procure des soins médicaux aux personnes présentes dans les centres de transit. Les collaborateurs de l’ONG dans ses différents sites à travers les Balkans témoignent de l’impact des conditions hivernales sur les migrants présents dans la région.

En Bulgarie, on estime à près de 12.000 le nombre de migrants qui se trouvent actuellement dans le pays. En Serbie, ils seraient plus de 7.500. Pour la plupart venus d’Afghanistan, du Pakistan, d’Irak et de Syrie, ils sont obligés de dormir dehors, les centres d’accueil étant surpeuplés. D’autres n’osent tout simplement pas se présenter dans ces centres, de peur d’être renvoyés à la frontière Macédonienne. Rien que dans la ville de Belgrade, 1.000 réfugiés en transit n’ont d’autre alternative que de dormir dans la rue ou dans des bâtiments abandonnés.

« La Serbie sert en ce moment de salle d’attente par défaut pour ces plus de 7.000 migrants », explique Owen Breuil, coordinateur général de Médecins du Monde en Serbie, depuis Belgrade. La fermeture de la frontière Hongroise a provoqué un goulot d’étranglement en Serbie et en Bulgarie. « Le soi-disant « mur anti-migrant » hongrois – et les surveillances avec chiens, gaz lacrymogènes et fusils électriques qui l’accompagnent – retiens une bonne partie des réfugiés », ajoute Owen Breuil. « En Bulgarie aussi, les actes répressifs sont monnaie courante : nous recueillons chaque jour des témoignages de violences. »

Cela fait des mois que les organisations tirent la sonnette d'alarme

« Que ce soit en Grèce, Bulgarie, Hongrie ou Serbie le fait est que cette sensation d’urgence n’est que le symbole de l’échec de la politique de répression en place actuellement », analyse Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du Monde Belgique. « Cela fait des mois que les organisations humanitaires sur le terrain préviennent que les conditions hivernales auront des conséquences désastreuses sur les migrants en transit. Cela aurait pu être évité. Cette situation n’est pas un cas de force majeure, mais le résultat de mauvaises décisions. »

« Avec la chute des températures, de nombreuses personnes se présentent avec des problèmes respiratoires et des problèmes de peau dus au froid », explique à son tour Yoann Maldonado, coordinateur de Médecins du Monde pour les Balkans, décrivant des réfugiés se présentant avec des membres gelés, des puces ou des symptômes dus au stress.