Le jardinier de Katsikas (Grèce) venu en aide à Médecins du Monde

Le jardinier de Katsikas (Grèce) venu en aide à Médecins du Monde

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Dans le camp de Katsikas, où vivent 789 réfugiés, les équipes de Médecins du Monde profitent d'une vue plutôt inattendue. Juste en face de la clinique se trouve une série de tentes, et devant chacune de ces tentes poussent des fleurs et des légumes.

La tente la plus à gauche appartient à Ramadan Salan. C’est lui qui a planté la première graine. « Mon nom évoque un mois pendant lequel on ne peut pas manger la journée. Et pourtant, je fais pousser tout ça » raconte-t-il avec un sourire.

Le jardin de Ramadan est remarquable à plus d’un titre : on y trouve évidemment des fleurs, mais aussi une mosaïque de pierres noires et blanches écrivant « Welcome » (Bienvenue en anglais). Mais on y trouve aussi une impressionnante variété de légumes : aubergines, poivrons, laitues, courgettes ou encore des haricots verts. « Je pensais que faire pousser ma propre nourriture était une bonne idée, » se rappelle-t-il. « Quand on est dans un endroit comme celui-ci, c’est une sensation agréable de se dire qu’on a réussi à créer quelque chose, et que ce qu’on a fait peut être utilisé pour des repas sains. »

Ramadan, sa femme et sa fille ont fui Damas, en Syrie, en 2014. « La vie était devenue trop dure. Nous avions une jolie maison. Nous avions du travail – j’étais employé de banque depuis 27 ans -, mais nous ne pouvions pas rester. Les routes étaient détruites, aller au travail était de plus en plus compliqué. Et puis les bombes ont commencé à tomber et la situation a encore empiré… »

La famille a d’abord fui en Turquie, puis en Grèce. Juste à temps, a entendu Ramadan : « Ma maison est en ruine maintenant. Elle a été bombardée quelques jours après notre départ. Je ne me sens pas chanceux, mais je sais que je suis envie grâce à Dieu ! »

Ramadan a de la famille en Europe : son fils, sa fille et deux de ses petites filles vivent en Allemagne. Lui est à Katsikas depuis quatre mois. « Nous sommes tombés à court d’argent, comme tout le monde, » explique-t-il. « Il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre. C’est pour ça que j’ai fait ce jardin : c’est un endroit joli, pour ma famille, pour les gens qui vont à la clinique, pour tout le monde. Un peu de verdure et de nourriture… »

Tout en continuant son récit, Ramadan s’assied sur une chaise en bois qu’il a lui-même construite. De là, il peut voir la clinique et les portes du camp. Une position stratégique qui lui a permis de venir en aide à Médecins du Monde lors de la mise en place de la clinique, où les équipes procurent des soins primaires, psychologiques, sexuels et reproductifs.

« Il mérite une médaille, » explique un membre de Médecins du Monde. « À chaque fois que nous avons eu besoin de quelque chose, Ramadan et sa famille étaient là pour nous aider ! » Ce à quoi le jardinier répond : « Ce n’est vraiment rien. Mon jardin est un endroit où tout le monde est le bienvenu. Médecins du Monde a aussi construit un endroit où tout le monde peut venir, un endroit où les gens peuvent s’installer et discuter quand leur santé les préoccupe. Aider me fait plaisir… Et qui sait, j’aurai peut-être besoin d’eux un jour. Tout le monde peut tomber malade… » conclut-il avec un sourire.