L’Europe doit garantir l’accueil et la protection des réfugiés

L’Europe doit garantir l’accueil et la protection des réfugiés

Email
Les valeurs européennes et le droit exigent que nous accueillions et que nous protégions les réfugiés.

Médecins du Monde, association médicale de solidarité internationale, travaille depuis près de 40 ans auprès des migrants. Que ce soit dans leur pays d’origine, sur leur parcours migratoire ou dans les pays d’accueil, nous constatons que le droit humanitaire international et le droit d’asile sont quotidiennement bafoués. Dans ce contexte de crise humanitaire sans précédent, l’Union Européenne propose un accord avec la Turquie, en totale contradiction avec ses devoirs de protection : le principe de non-refoulement des demandeurs d’asile ne serait plus respecté par les autorités qui y sont pourtant tenues.

 « Les Etats membres de l'Union Européenne doivent construire des ponts entre leurs pays et les migrants et offrir l'assistance nécessaire, plutôt que se faire une concurrence mortifère à celui qui repousse le plus de réfugiés en dehors de son territoire » déclare le Professeur Michel Roland, Président de Médecins du Monde Belgique.

En Grèce, près de 45 000 migrants sont bloqués dont 15 000 à Idomeni à la frontière gréco-macédonienne. Outre les conditions d'hygiène déplorables, les équipes de Médecins du Monde constatent une augmentation significative du nombre de violences et notamment des brutalités institutionnelles comme l’utilisation de tasers.

Depuis la fermeture des frontières, toute la Grèce vit une crise humanitaire inédite. Les migrants/réfugiés sont massivement parqués dans des camps à ciel ouvert avec d’immenses  besoins médicaux et psychologiques. C’est pourquoi nous avons décidé de répondre à cet impératif humanitaire en mobilisant tout notre réseau et en renforçant nos équipes soignantes déjà présentes partout sur site.

« Notre mission n’est pas seulement de soigner mais aussi de condamner la violation des droits humains fondamentaux, comme c’est le cas aujourd’hui à Idomeni. Nous témoignerons de chaque abus pour continuer à combattre toute forme d’injustice. » rapporte Nikitas Kanakis, Président de Médecins du Monde Grèce.

Les Etats Membres s’éloignent des valeurs de solidarité et de protection sans arriver à un accord politique commun. Ils considèrent les réfugiés/migrants comme une masse et renient de ce fait tout principe d’examen individuel de chaque situation.

Nous aurons collectivement tout perdu, puisque ces politiques ne peuvent pas empêcher les migrants/ réfugiés de prendre encore plus de risques pour sauver leur vie et celles de leurs enfants.

Idomeni est aujourd’hui la vitrine de ce que pourrait être l’Europe de demain ; une Europe hérissée de camps, de zones de non-droit effaçant le droit d’asile au profit de prisons à ciel ouvert, de personnes en errance comme autour de Calais, une Europe où la libre circulation n’est plus qu’un vague souvenir.

Nous redisons l’impérieuse nécessité d’ouvrir des voies d’accès légales et sécurisées pour toutes ces personnes avec la possibilité de demander le droit d’asile dans le pays de leur choix, en assurant tout au long du parcours migratoire une protection spécifique des femmes et des enfants, qui représentent désormais la majorité des migrants/réfugiés.

Les 28 Etats-membres peuvent aujourd’hui choisir entre un futur solidaire, bâti sur les valeurs fondatrices de l’Europe, intégrant l’apport culturel, social et économique déjà démontré de ces familles et une politique de l’enfermement, de repli, du refus de l’autre, terreau de tous les fascismes.