Journée Mondiale de la Contraception : Médecins du Monde insiste sur la prévention des grossesses non désirées

Journée Mondiale de la Contraception : Médecins du Monde insiste sur la prévention des grossesses non désirées

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A l’occasion de la Journée Mondiale de la Contraception le 26 septembre, et un an avant la session spéciale de l’Assemblée Générale de l’ONU consacrée aux questions de population et le développement (Le Caire +20), Médecins du Monde souhaite attirer l’attention sur la situation de la prévention des grossesses non désirées.

Si au cours des 20 dernières années, des avancées notables ont pu être obtenues dans le domaine de la santé maternelle, les progrès demeurent en revanche limités et très fragiles en matière d’accès aux méthodes modernes de contraception (préservatif masculin/féminin, pilule, injectables, DIU, etc.). En 2012 dans les pays en développement, 222 millions de femmes qui souhaitent éviter une grossesse n’avaient toujours pas accès à une méthode de contraception. Dans le monde, environ 40% des grossesses ne sont pas désirées. En Amérique latine et aux Caraïbes, ce taux est estimé à 60%.

Peu d'accès à la contraception, mortalité maternelle élevée

En Haïti, les chiffres officiels de 2012 (EMMUS V) montrent que 99,8% de femmes connaissent au moins une méthode moderne, et pourtant, 38% des besoins en contraception ne sont pas satisfaits. Le taux d’utilisation des méthodes modernes de contraception ne s’élève qu’à 31% pour les femmes de 15 à 49 ans.

La faible couverture de la contraception moderne se traduit en termes de recours à l’avortement : 98% des avortements à risques ont lieu dans les pays en développement avec des conséquences directes en termes de mortalité maternelle.

Haïti fait partie des 40 pays à forte mortalité maternelle (supérieure à 300 décès pour 100 000 naissances vivantes) et les complications liées aux grossesses non désirées représentent la troisième cause de décès maternel selon l’IHE et le MSPP*. MdM a ainsi pu constater en 2012, au sein d’une structure de santé appuyée à Carrefour, que les avortements provoqués incomplets y représentaient 17% des référencements vers les hôpitaux.

En Haïti, 11% des filles entre 15 et 19 ans ont eu au moins un enfant. Dans les centres de santé appuyés par MdM en milieu rural comme en milieu urbain, on compte régulièrement les grossesses précoces non désirées.

Sur ces mêmes sites, les femmes qui adoptent une méthode de contraception tentent de rester le plus discrètes possible, craignant la stigmatisation de leur entourage.

Disposer de son corps : un droit reconnu

La prévention des grossesses non désirées doit passer par une plus grande disponibilité et une meilleure accessibilité des méthodes modernes de contraception, mais aussi par une affirmation du droit des femmes et de jeunes filles à décider d’avoir ou non des rapports sexuels et d’avoir ou non des enfants .

Ces droits ont été reconnus il y a 20 ans par la Conférence internationale sur la population et le développement du Caire (CIPD, 1994) et une session spéciale de l’Assemblée Générale de l’ONU fera le point dans un an sur le plan d’action de la conférence.

Médecins du Monde souhaite qu’en Haïti, comme ailleurs, les actions et politiques publiques en matière de contraception soient fondées sur ces droits sexuels et reproductifs et sur le dialogue avec la société civile qui se mobilise en faveur des leur réalisation.

 Médecins du Monde mène plusieurs projets en Haïti depuis 1989. Aujourd’hui, ses actions sont mises en œuvre par des équipes de MdM Argentine, MdM Belgique, MdM Canada, MdM Espagne, MdM France, MdM Suisse.

*Rapport de l’enquête sur les soins obstétricaux et néonataux d’urgence en Haïti. Enquête réalisée par l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) en collaboration avec la Direction de la Santé de la Famille (DSF), Avec l’appui technique et financier du FNUAP et du AMDD.

Alterpresse a relayé le sujet! Retrouvez l'article  ici 

 Regardez un webdocumentaire de nos collègues de Médecins du Monde Uruguay sur les avortements à risques ici