Journée internationale des migrants : Médecins du Monde s’engage pour garantir le Droit à la Santé des migrants

Journée internationale des migrants : Médecins du Monde s’engage pour garantir le Droit à la Santé des migrants

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Le développement des médias internationaux, les nouveaux moyens de communication et la baisse des prix du transport aérien ont contribué à créer l’image d’un monde de plus en plus accessible. Pour certains, la réalité est tout autre. Cette mondialisation est contrebalancée par la multiplication des barrières physiques et légales, ainsi que par un renforcement notoire du contrôle migratoire par des moyens militaires et policiers.

Médecins du Monde est une association qui milite pour le droit à la santé de tous, et en particulier les plus vulnérables. Présente dans 68 pays du Sud, mais également dans 11 pays européens, nous sommes acteurs de soins auprès des populations migrantes, mais également témoins quotidiens des nombreuses barrières à l’accès aux soins effectifs des migrants. Témoins également des violences que subissent les migrants et de l’impact de ces violences sur leur santé.

En cette journée mondiale des migrants, nous voulons :

1. Lutter contre les violences à l’encontre des migrants 

MdM constate la criminalisation croissante des populations migrantes. Cette criminalisation les plonge dans une clandestinité qui les expose toujours plus à la violence et à l’absence de protection. Travail au noir, exploitation sexuelle, rackets, … sont largement plus des conséquences de la criminalisation que l’inverse. Pareillement, les politiques migratoires ont un coût humain et un impact sur la santé très défavorables. Nous rappellerons ici les drames de Lampedusa qui ne sont malheureusement qu’illustratifs de drames au quotidien.

2. Dénoncer les politiques qui rendent malades 

Les contextes de crise économique et d’austérité nous imposent d’être attentifs à la dignité des publics les plus vulnérables. Les régimes de protection sociale doivent donc être renforcés. Par ailleurs, l’austérité a toujours fait croitre les discours xénophobes puisque lorsqu’on risque soi-même l’exclusion, on est souvent rassuré d’exclure plus encore des catégories plus précaires. MdM est le témoin de l’impact sur la santé du fait des politiques d’austérité et de la xénophobie.

3. Garantir l'accès à des soins de santé adaptés et non discriminatoires  

C’est l’engagement maintes fois répété des Etats de garantir un accès aux soins et à la prévention aux publics les plus vulnérables. Les migrants sont clairement pointés dans les recommandations du Parlement européen, de l’OMS et d’autres institutions officielles.   « Ne perdons pas de vue que les migrants que nous voyons en Europe sont pour la grande majorité jeunes et en bonne santé. Ils migrent principalement pour raisons économiques ou politiques, et non avec l’intention de bénéficier de nos protections sociales. Les chiffres  nous montrent que les migrants font beaucoup moins appel à nos systèmes de santé que les autochtones, alors même qu’ils  déclarent être en mauvaise santé. Ceci s’explique par les nombreux obstacles qu’ils rencontrent dans leur démarche d’accès aux soins », explique Frank Vanbiervliet, responsable du plaidoyer européen à Médecins du Monde. Exclure les migrants du système de santé, au-delà de la question éthique, se révèle tout à fait inefficace en termes de régulation des flux migratoires : moins d’offres de soins ne voudra jamais dire moins de migrants. Il est temps que les Etats membres de l’UE appliquent les recommandations de son Parlement et de nombreuses autres institutions : garantir l’accessibilité universelle aux systèmes nationaux de santé.