Incendie à Grande-Synthe : la conséquence des actions du gouvernement

Incendie à Grande-Synthe : la conséquence des actions du gouvernement

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Il y a à peine un mois, Médecins du Monde tirait la sonnette d’alarme à propos de la situation à Grande-Synthe.

C'était il y a 30 jours à peine. Dans la presse et directement auprès des autorités françaises, Médecins du Monde avertissait que la surpopulation et l’insécurité grandissante dans le camp de Grande-Synthe allaient mener à des tensions intenables. Mais les appels à une réorganisation du camp sont restés sans réponse concrète sur le terrain.

 « Notre lettre mentionnait notamment que 30 personnes avaient déjà été envoyées à l’hôpital suite à une intoxication au monoxyde de carbone, que certains occupants du camp devaient dormir dans les cuisines par manque de place ou que la sécurité des femmes et des enfants n’étaient plus assurée, » rappelle Stéphane Heymans, directeur des opérations de Médecins du Monde. « Notre appel à de meilleurs conditions sanitaires, à plus de sécurité et à une réorganisation suivait celui de la ville. Mais il est resté lettre morte. »

Aujourd’hui encore, le gouvernement français est incapable d’apporter une réponse adéquate à la situation. « On veut souligner la réactivité de la municipalité de Grande-Synthe. Et nous devons une fois encore constater que l’état français ne fait rien de ce qu’il devrait faire pour empêcher que la situation n’empire. La ville a mobilisé trois gymnases pour loger une partie des occupants du camp ; où seraient-ils en ce moment s’ils n’avaient pas été là ?! »

L’incendie de la nuit passée est la conséquence des actions d’un gouvernement qui ne cherche pas de solution durable. « Quand la ‘Jungle’ de Calais a été démantelée en octobre dernier, Médecins du Monde avait déjà averti que cela aurait pour conséquence immédiate  la création de camps plus petits et informels, » rappelle Stéphane Heymans. « Et nous avions raison. Nous avions aussi averti que la situation à Grande-Synthe deviendrait intenable. Malheureusement, nous avions à nouveau raison. »

Médecins du Monde a lancé un appel urgent aux autorités françaises pour qu’une solution humanitaire soit trouvées pour les 1.700 personnes qui ont perdu leur ‘toit’. Les équipes de Médecins du Monde sur place sont en tout cas mobilisées pour leur venir en aide.