Fin du Plan hiver médical : et après?

Fin du Plan hiver médical : et après?

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Avec la fermeture des centres d’accueil d’urgence se termine également le Plan hiver médical. Pendant 3 mois, Médecins du Monde a dispensé des soins, tous les soirs, 7 jours sur 7, à 1650 personnes sans abri. 7769 consultations plus tard, l’heure est à un premier bilan, loin d’être positif! 44% des personnes sans abri estiment être en très mauvaise santé. 14% des personnes reçues souffrent de graves problèmes psychiatriques. Médecins du Monde appelle les politiques à trouver une solution.

Premier constat : bien sûr, les personnes sans abri tombent plus souvent malades que les autres, mais elles ont également d’énormes difficultés à accéder aux soins. Les chiffres recensés par Médecins du Monde démontrent que 53% des personnes sans abri n’ont aucun accès aux soins, 30% ont été confrontées à un refus de soin l’année dernière, et seulement 25% ont un médecin de famille (contre 95% au sein de la population générale.  44% des personnes sans abri reçues déclarent être en mauvaise santé. Il ressort en effet qu’elles souffrent bien plus que la moyenne de problèmes psychologiques et d’addictions.

 

"Le résultat : beaucoup de personnes sans abri vivent dans la rue avec de graves maladie", explique Stéphane Heymans, coordinateur des projets belges auprès de Médecins du Monde. "La seule solution : des mesures structurelles qui ne s’arrêtent pas avec la fin de l’hiver. Car même si une partie des patients atterit ensuite dans notre centre de soins ouvert toute l’année, il est impossible pour les acteurs socio-médicaux de prendre en charge les soins de santé de toutes les personnes sans abri en  Belgique"

 

C’est pourquoi la politique du logement est prioritaire. "Les chiffres montrent que près de 80% des patients ne savent où aller à la fin du Plan Hiver. Pour certains d’entre eux, c’est une situation particulièrement délicate : parmi eux, une femme enceinte, un homme en fauteuil roulant, une femme sous l’emprise d’une grave addiction. Ces personnes ne devraient même pas être dans les centres d’accueil d’urgence, encore moins se retrouver dans la rue. Pour elles, un toît et un accompagnement médical sont les conditions minimales à un espoir de guérison"

 

Au-delà de la problématique du logement, Médecins du Monde plaide pour une plus grande présence des CPAS et des mutualités dans les centres d’accueil d’urgence, afin de résoudre plus facilement et plus rapidement les problèmes administratifs d’accès aux soins. Une simplification de la procédure d’aide médicale d’urgence est également absolument nécessaire : " le système actuel est bien trop complexe, même les professionnels de la santé ne s’y retrouvent pas toujours. Médecins du Monde appelle également à davantage de prévention, notamment à travers des campagnes de vaccination, la mise en place de référencement systématique à des médecins et centres de santé locaux", insiste M. Heymans. 

 

Médecins du Monde continue à  soigner les personnes sans abri et en précarité de logement au sein de ses structures permanentes à Anvers, Bruxelles et la Louvière.