En Grèce, l’hiver est là. C’est maintenant que nous devons agir.

En Grèce, l’hiver est là. C’est maintenant que nous devons agir.

Email
Médecins du Monde, ONG médicale internationale active dans les camps de réfugiés grecs, tire la sonnette d’alarme sur les conditions de santé des réfugiés présents dans ces camps suite aux chutes de températures spectaculaires. MdM en appelle aux autorités européennes, aux Nations unies et au gouvernement grec pour activer les procédures et faire en sorte que les personnes ne soient plus exposées au froid ; et aux pays européens pour qu’ils respectent leurs responsabilités liées aux droits humains et fournissent aux réfugiés des lieux de vie décents.

Le mois dernier, les températures hivernales nocturnes ont atteint des niveaux spectaculaires. Certains camps situés dans le nord ont enregistré jusqu’à -7° et -4° et depuis la semaine dernière, une couche de neige recouvre la Grèce, en particulier en altitude.

Ces températures sont déjà difficiles à supporter pour les personnes habitant dans des maisons. Mais ces hommes, femmes et enfants sont uniquement protégés par des tentes, sans chauffage, avec un réseau électrique trop instable pour faire fonctionner longtemps les rares chauffages électriques que certains possèdent.

Des conséquences médicales inacceptables

« Ces deux derniers mois, nous avons constaté une recrudescence d’enfants et de personnes âgées souffrant d’infections respiratoires dues à l’exposition au froid et à l’humidité. Nos données montrent clairement cette tendance. Les infections respiratoires du mois d’octobre et de novembre représentent 31% des consultations », explique le Docteur Nikolaos Marinos, coordinateur médical pour Médecins du Monde. 

« La vie de certaines de ces personnes est en danger, car l’exposition au froid peut déclencher des crises d’asthme ou des cas de pneumonie aiguë, avec des complications potentielles. Ces derniers cas ont plus que doublé ces deux derniers mois.

Et le risque de voir de tels scénarios se produire est d’autant plus grand que ces personnes vivent dans des espaces extrêmement réduits dans les camps, souvent à quatre ou cinq par pièce, au contact rapproché des autres personnes et familles. Le risque d’épidémie est donc très élevé. »

Sans chauffage, les personnes prennent des risques pour se réchauffer

Une femme et ses deux enfants a été gravement brûlés dans le camp d’Oreokastro, dans le nord du pays, en tentant de se réchauffer auprès du feu servant à cuisiner.

Ahmed, un réfugié venu de Syrie, vit actuellement dans le camp de Redestos, au nord de la Grèce : « La seule chose à faire lorsqu’il fait si froid, c’est d’allumer des feux. C’est dangereux et cela provoque de la fumée. Nous devons donc le faire à l’extérieur. Mais quand on retourne à l’intérieur, il fait trop froid pour dormir et nous devons allumer des feux à l’intérieur aussi. Nous n’avons jamais rien vécu d’aussi dur. Nous ne pensions pas être abandonnés comme ça. »

Le Docteur Marinos confirme : « Nous ne devons pas oublier les impacts à long-terme de l’inhalation de fumée ou d’autres matériaux toxiques dus aux feux sur le système respiratoire des personnes qui tentent de se maintenir au chaud, ni l’impact sur leur santé mentale déjà détériorée. Du point de vue médical, c’est totalement inacceptable. »

Médecins du Monde fait tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir ici une catastrophe humanitaire. « Le gouvernement grec, l’UE et l’UNHCR ont fait des efforts considérables pour améliorer les conditions de vie dans les camps, mais c’est insuffisant ; largement insuffisant », selon Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du Monde. « La Grèce est au centre d’une crise majeure. Nous ne pouvons pas lui demander de gérer en plus le refus de l’Europe d’accepter les réfugiés. Tous les pays européens doivent agir immédiatement et accepter une partie équitable des réfugiés venus de Grèce. Ni plus, ni moins. »

En Belgique, seules 177 personnes ont été accueillies ces neuf derniers mois, sur un total de 2.415 personnes que notre pays s’est engagé à accueillir auprès des institutions européennes.