Docteur Chris Migom, depuis Lesbos

Docteur Chris Migom, depuis Lesbos

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Je m’appelle Chris Migom et je suis médecin bénévole pour Médecins du Monde. Quand j’ai entendu qu’il fallait des médecins volontaires pour partir à Lesbos, je n’ai pas hésité longtemps. Comme beaucoup de docteurs, je suis très engagé et je m’implique dans la société. Mettre mon expérience et mon temps au service d’une organisation qui me tient à cœur me semble une évidence.

Je suis arrivé au cœur de l'action le 6 septembre. Depuis, les images des réfugiés, coincés sur l’île faute d’avoir pu acheter un billet pour Athènes, ont fait le tour du monde. Dix jours plus tard, la situation s’est heureusement stabilisée : le gouvernement a ouvert de nouveaux bureaux d’enregistrement et les ferrys sont plus nombreux. Aujourd’hui, il y a encore près de 1.000 personnes qui arrivent quotidiennement, mais leur enregistrement se fait de manière efficace, et ils peuvent prendre le bateau jusqu’à Athènes. Les files d’attente et les disputes pour obtenir des billets sont du passé, ce qui rend notre travail au jour le jour plus supportable et moins chaotique.

Concrètement, je me rends chaque jour avec mes collègues de Médecins du Monde à deux endroits différents pour fournir une assistance médicale : l’espace de consultation du centre fermé de Moria, ainsi que le camp officieux de Kara Tepe. Dans chaque endroit, trois médecins et deux infirmières sont présents. Il y a aussi un psychologue qui fournit une assistance psychologique aux patients. En ce moment, je travaille surtout dans le camp de Kara Tepe. Chaque jour, nous y menons 90 consultations. Nous voyons souvent des choses très classiques : des cloques sur les pieds, des gonflements, des petites blessures et des rhumes. Les patients qui présentent des symptômes plus graves – cardiaques ou diabétiques – sont personnellement accompagnés vers un hôpital.

Comme Kara Tepe est un camp officieux, les services de base étaient très rudimentaires. Les gens devaient dormir dans des tentes et il y avait un manque d’eau et d’installations sanitaires. Heureusement, c’est terminé : l’UNHCR (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés) a installé des structures sur place en prévision de l’hiver qui approche. Nous allons d’ailleurs pouvoir utiliser l’une de ces structures comme espace de consultation. C’est une bonne nouvelle.

Globalement, la situation est sous contrôle : les autorités ont pris des décisions pour mettre fin au chaos des enregistrements et des embarquements dans les ferrys, les Nations Unies ont rendu le camp plus supportable, les ONG collaborent ensembles et les équipes de Médecins du Monde sont renforcées grâce aux volontaires envoyés par la Belgique. Cela me rend heureux de voir qu’avec un peu de bonne volonté et d’organisation, les choses peuvent rapidement s’améliorer. Des situations semblent désespérées, jusqu’à ce que vous les preniez en main. J’espère que mon travail de bénévole ici a pu faire une petite différence.

Amitiés,

Chris, depuis Lesbos avec Médecins du Monde.