Deux ans de conflit au Yémen : l’une des plus graves crise humanitaire au monde

Deux ans de conflit au Yémen : l’une des plus graves crise humanitaire au monde

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Ce dimanche 26 mars 2017, cela fera deux ans que l’offensive armée au Yémen a été lancée par une coalition de pays menée par l’Arabie Saoudite. Deux ans après cette escalade du conflit, le Yémen est confronté à l’une des plus graves crises humanitaires au monde, avec près de 19 millions de personnes ayant besoin d’une assistance humanitaire et des alertes persistantes de potentielles poches de famine.

Risque imminent de famine

Au Yémen, 17 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, soit 60% de la population. 462.000 enfants souffrent de malnutrition aigüe et sont en danger de mort immédiat - une augmentation de 200% par rapport aux 170.000 de 2014 !

En avril 2015, les Nations Unies ont décrété un embargo sur les armes destinées aux Houthis et à leurs alliés. Cet embargo s’est de facto transformé en un blocus aérien et maritime empêchant la quasi-totalité des importations de produits de première nécessité, dont la nourriture. Les restrictions aux importations de blé sont aujourd'hui l’un des problèmes majeurs du pays et la principale menace à la sécurité alimentaire, alors que le pays importait environ 90% de ses aliments avant le conflit. Les situations de famine risquent de se multiplier à travers le pays.

Mépris de la protection des civiles

Médecins du Monde s’alarme de l’utilisation massive et répétée des armes explosives dans des zones densément peuplées au Yémen. Contraire au droit international humanitaire, l’usage des armes explosives en zones peuplées s’est accru dans les conflits contemporains au mépris des principes fondamentaux de la guerre.

À la souffrance qu’engendrent ces blessures, s’ajoute l’absence d’accès aux soins : plus de la moitié des installations sanitaires (hôpitaux ou centres de santé) ne sont plus en état de fonctionnement. Le système de santé au Yémen, particulièrement affecté par le conflit, menace de s’effondrer. Les établissements sont également pénalisés par le blocus imposé et la crise financière frappant le pays : l’approvisionnement en médicaments et matériels médicaux reste très difficile et le personnel de santé n’est plus payé depuis de nombreux mois. « La guerre s'enlise au détriment des civils. Le choléra sévit depuis octobre dernier avec plus de 20.000 cas suspectés et près de 100 décès. Des troubles en santé mentale, tels que des psychoses, de l’anxiété et des troubles de stress post-traumatiques sont aussi très souvent diagnostiqués » s’alarme le docteur Jean-François Corty, directeur des Opérations Internationales de Médecins du Monde.

Accès humanitaire limité

Deux ans après le début du conflit, l’accès aux populations vulnérables reste très limité et constitue l’un des enjeux majeurs pour les acteurs humanitaires, aucune des parties au conflit ne facilitant la bonne délivrance de l’aide. La destruction partielle ou totale de nombreuses infrastructures (routes, ponts, aéroports, ports) et de bâtiments publics restreint considérablement les déplacements et l’acheminement du personnel et des biens humanitaires, ainsi que l’accès aux services de base pour les yéménites.

Médecins du Monde appelle la communauté internationale et toutes les parties au conflit à une mobilisation beaucoup plus forte afin que tout soit mis en œuvre pour lever au plus vite les obstacles à la délivrance de l’aide au Yémen, dans ce contexte de pré-famine. Elles demandent à ce que le blocus, empêchant de fait les importations de nourriture et de médicaments, soit levé, et que les droits des populations civiles soient respectés.

Aidez les victimes de la famine

20 millions de personnes sont en ce moment confrontées à une situation de famine ou à une grave insécurité alimentaire. Les conditions climatiques et des conflits qui durent depuis de nombreuses années empêchent les habitants du Nigéria, du Yémen, de la Somalie et du Soudan du Sud de subvenir à leurs besoins. Médecins du Monde leur vient en aide à travers des programmes d’urgence et de nutrition. Mais nous ne pouvons le faire qu’avec votre aide. C’est maintenant qu’ils ont besoin de vous. Faites un don.