Des associations bruxelloises demandent un meilleur accès aux soins pour les personnes précarisées

Des associations bruxelloises demandent un meilleur accès aux soins pour les personnes précarisées

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Plusieurs associations liées au secteur médical dénoncent les conditions d’accès aux soins pour les personnes précarisées dans la capitale. Elles mettent notamment en cause le système d’aide médicale urgente et réclament des changements importants pour une meilleure efficacité du processus.

Pour ces associations*, le constat est sans appel : le système de l’aide médicale urgente doit être réformé rapidement. « Le système actuel est totalement dysfonctionnel », explique Nel Vandevannet, directrice des projets belges de Médecins du Monde. « Le fonctionnement par territoire des CPAS en est un bel exemple : cela n’a aucun sens pour un public qui est sans cesse en mouvement ! »

D’autres problèmes sont pointés du doigt : les délais trop longs pour traiter les dossiers, des enquêtes sociales trop strictes et une garantie du secret professionnel qui n’est plus assurée dans tous les CPAS. Résultat : cette « première ligne de soins » est « souvent délaissée au profit des services d’urgence, accessible immédiatement » comme le souligne Lawrence Cuvelier, président de la commission CPAS de la FAMGB (Fédération des Associations des Médecins Généralistes de Bruxelles).

Pour améliorer les choses, les recommandations sont nombreuses. Sont notamment évoqués : l’abandon du terme « aide médicale urgente », cause de nombreux malentendus ; le maintien des droits en cas de changement de commune ; la possibilité de choisir son prestataire de soins ou former le personnel de santé à l’approche d’un public précarisé.

« Ces mesures peuvent être prises pour améliorer les choses rapidement », précise Sébastien Alexandre, directeur de la FEDITO BXL. « Mais sur long terme, nous voulons que le système soit entièrement revu pour plus de simplicité et une plus grande inclusion. »

Au programme : une reprise complète par la CAAMI (Caisse Auxiliaire d’Assurance Maladie-Invalidité), où seraient d’office inscrits les demandeurs d’une aide médicale urgente. Chaque grande ville se verrait également dotée d’un ensemble de services offrant des soins de santé primaires, destinés aux populations vulnérables et visant à les réintégrer dans le système de la sécurité sociale, quelques soient leur statut administratif.

 

*Dont Médecins du Monde, Fédito (fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes), FAMGB (Fédération des Associations des Médecins Généralistes de Bruxelles), la Fédération des Maisons Médicales et Athéna.