De la Syrie aux Pays-Bas : Hadil, Malik et la relocalisation européenne

De la Syrie aux Pays-Bas : Hadil, Malik et la relocalisation européenne

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Dans le camp de Kavala (Grèce), le nombre de réfugiés est passé de 242 à 156 en un mois. La raison : l’activation du plan de relocalisation de l’Union Européenne. Hadil a quitté la Syrie en 2015 avec son mari. Ils sont arrivés à Kavala début 2016. Aujourd’hui, ils sont en route pour les Pays-Bas.

Entre Novembre 2015 et Septembre 2016, 3.493 réfugiés présents en Grèce (sur 46.663) ont été relocalisés dans d’autres pays européens, comme le prévoit l’accord signé entre les états-membres. Un processus qui a commencé à Kavala et qui a permit à 50 personnes de quitter le camp ces deux dernières semaines.

Parmi elles : Hadil et Malik, son mari. Après avoir fui Raqqa, ville syrienne où ils habitaient, le couple a quitté la Syrie en 2015. « Nous avons essayé de rester. Mais c’était impossible : en Syrie, tout était mort. Il n’y avait pas de nourriture, pas de pain, seulement du sang et des morts. »

La destination, pour eux, importait peu. « Nous voulions juste être en sécurité. Nous sommes restés une semaine en Turquie puis nous sommes arrivés en Grèce. D’abord à Mytellini, où nous avons pris un bateau pour Kavala, il y a six mois. »

Hadil et Malik sont reconnaissants envers Médecins du Monde et les Grecs. Mais ils ont découvert que la Grèce était un pays pauvre. « Les Grecs que nous avons rencontrés étaient très gentils, très prévenants. Et les équipes de Médecins du Monde étaient à nos côtés en permanence. Mais les conditions ici sont tellement difficiles… La Grèce est un pays pauvre : nous le savons aujourd’hui, mais nous l’ignorions à notre arrivée. Les conditions de vie sont mauvaises pour le peuple grec et elles sont mauvaises pour nous. »

Chaque semaine, les équipes de Médecins du Monde apprennent quelles personnes ont été sélectionnées pour le programme de relocalisation. Elles ont donc le temps de se préparer. S’ensuit un départ pour Athènes ou Thessalonique pour une interview et des examens médicaux. Ils sont alors informés du pays dans lequel ils seront relocalisés. Pour Hadil et son mari, ce sera les Pays-Bas. « Je me fiche du pays dans lequel j’irai. Je veux juste être en sécurité et être entourée de personnes aimables. J’ai un peu peur : j’aime beaucoup Kavala, mais je dois penser à vivre ma vie. Je suis enceinte de quatre mois, et je ne veux pas que mon bébé naisse dans ces conditions. »

Quand elle pense à l’avenir de son pays, le regard d’Hadil s’assombrit. « Je ne crois pas qu’on retournera en Syrie. Je pense que la guerre ne se terminera jamais. Chaque jour est pire que le précédent. »