Décès d'un jeune migrant à Bruxelles : combien de drames faudra-t-il pour réagir ?

Décès d'un jeune migrant à Bruxelles : combien de drames faudra-t-il pour réagir ?

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Omar, 17 ans, est décédé samedi à Bruxelles, renversé par l’autocar auquel il tentait de s’accrocher pour rejoindre le Royaume-Uni. Une triste première sur le sol belge, qui amène le Médecins du Monde, le CIRÉ et Vluchtelingenwerk à réitérer leur appel à la création d’un Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO), pour ne pas que se reproduisent à Bruxelles les drames de Calais.

Le décès de ce jeune Soudanais en rappelle tant d’autres, survenus en France, principalement à Calais, ces dernières années. Mais cette fois, c’est en Belgique que cela se passe. À Bruxelles, où comme Omar, des centaines de migrants campent actuellement dans le quartier Nord, sans véritable accès aux soins ou à de la nourriture et dans un flou total par rapport à leurs droits et leur situation migratoire.

« Il faut agir dès maintenant pour que Bruxelles ne deviennent pas un nouveau Calais ! » lançaient le CIRÉ, Médecins du Monde et Vluchtelingenwerk jeudi dernier dans un communiqué. Aujourd’hui, les trois associations réitèrent avec force cet appel. « Il est impensable que la situation reste telle qu’elle est ! Une personne est décédée. Ce garçon était mineur. L’État avait le devoir de l’aider, de l’informer, de le protéger. »

Un lieu pour les migrants, loin de l'insécurité de la rue

Pour sortir de cette situation, elles proposent la création dans la capitale d’un Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO). « Un lieu où les migrants en transit à Bruxelles trouveraient un toit, de la nourriture, des soins de santé et des informations fiables sur leurs droits, loin du harcèlement des forces de l’ordre et de l’insécurité de la rue. »

Elles demandent également l’ouverture de négociations plus fermes avec le Royaume-Uni, qui n’accueille pas plus de demandeurs d’asile que la Belgique, malgré une population près de six fois plus élevée.

La proposition a été officiellement soumise aux autorités compétentes le 14 juillet, sans réponse à ce jour. Médecins du Monde, le CIRÉ et Vluchtelingenwerk se tiennent à disposition pour apporter leur assistance dès à présent, sans attendre de nouveaux événements dramatiques.