Contre la famine : Médecins du Monde lance un projet au Kenya

Contre la famine : Médecins du Monde lance un projet au Kenya

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Depuis fin février 2017, une sécheresse importante sévit au Kenya. Près de quatre millions de personnes souffrent de malnutrition. À Isiolo, au coeur du pays, 20% de la population est sévèrement malnutrie, et l'accès aux soins y est beaucoup plus difficile que dans le reste du pays. C'est pour cela que Médecins du Monde a décidé d'y lancer un programme nutritionnel.

« Avec ce programme, nous nous concentrons sur les enfants de moins de cinq ans et les femmes allaitantes, » explique Stéphane Heymans, directeur des opérations de Médecins du Monde. « Ce n’est pas un hasard : la malnutrition a des conséquences catastrophiques sur le développement du corps et du cerveau. Des études ont montré que les enfants malnutris ont un corps, un cerveau et un système immunitaire moins développés quand ils grandissent. Lutter contre la malnutrition, c’est donc un investissement à long terme. »

Après une mission exploratoire au Kenya, Médecins du Monde a décidé de lancer son projet dans la région d’Isiolo. « La malnutrition est préoccupante dans tout le pays, » explique Lucy Coley, qui a pris part à la mission. « Mais le nombre de personnes souffrant de malnutrition aigüe augmente de manière beaucoup plus forte dans cette région-là. Et la présence d’organisations humanitaires y est beaucoup moins importante. »

Ce programme d’urgence est lancé en collaboration avec différents partenaires, comme Unicef et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Ce qui est le plus urgent pour le moment, c’est de tester et d’identifier les cas de malnutrition chez les enfants et les femmes allaitantes. C’est une première étape cruciale pour enrayer la crise actuelle, » complète Stéphane Heymans. « Nous utilisons donc des équipes mobiles : elles se rendent dans les villages et y organisent des consultations avec les campagnes de dépistages communautaires. Les personnes identifiées comme souffrant de malnutrition seront prises en charge par nos partenaires. De cette manière, nous pouvons réduire l’impact de cette crise alimentaire. »

Le projet débutera le 15 avril prochain. Les équipes terminent leur préparation, et un plan d’urgence est actuellement élaboré pour permettre de répondre efficacement à une éventuelle propagation de maladies. Dès leur entrée en fonction, les équipes mobiles de dépistage identifieront les besoins (en soins de santé ou autre) des différents villages visités.