Communiqué de presse - Syrie 12-­‐12 : les Belges sont indifférents, pas hostiles

Communiqué de presse - Syrie 12-­‐12 : les Belges sont indifférents, pas hostiles

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Pendant que la guerre continue à faire rage en Syrie, les ONG sont préoccupées par le manque de moyens pour répondre à l’urgence. A la veille du lancement d’une intense campagne au titre explicite « La Syrie ne peut attendre », le Consortium 12--‐12 a sondé la population pour mieux comprendre sa faible réponse à l’appel lancé il y a quelques mois. L’enquête indique que l’indifférence est la véritable cause de cette frilosité, et non la peur ou l’hostilité par rapport à l’évolution de cette crise.

Une crise impopulaire ?

Les ONG du consortium 12-­‐12 estiment à 7 millions d’euros la contribution dont elles ont besoin de la part de la population belge pour couvrir leurs actions humanitaires jusqu’à la fin de l’année. Pourtant, les besoins sont loin d’être rencontrés. Actuellement, le montant collecté est de 2,4 millions, bien inférieur à celui récolté pour d’autres crises.

Le 12--‐12 a donc sondé l’opinion des Belges. Une enquête téléphonique menée auprès d’un échantillon de 1.041 personnes, représentatif de la population belge majeure, révèle que de toutes les actions réalisées par le Consortium 12--‐12, « Syrie 12--‐12 » est la moins «populaire». A la question « Avez--‐vous déjà fait un don pour les victimes de la guerre en Syrie cette année? », seuls 4% ont répondu par l’affirmative. Un contraste frappant par rapport aux actions précédentes du 12--‐12. C’est la moitié de la réponse à la famine dans la corne de l’Afrique (7,8%) et quatre fois moins que celle au tremblement de terre qui avait frappé Haïti en 2010 (17,4%), un appel qui avait reçu 10 fois plus de dons, 24 millions d’euros.

Les jeunes semblent les plus généreux

La variable la plus marquante est celle de l'âge : plus les personnes sont jeunes, plus elles seront susceptibles d’avoir déjà fait un don. Alors que seulement 2,8% des plus de 55 ans ont confirmé avoir fait un don pour la Syrie, ce chiffre passe à 7,2% pour les 18 à 35 ans. Le sondage illustre également une plus grande sensibilité des néerlandophones (15,6% sont prêts à faire un don contre 8,6% des francophones) et des femmes (17% contre 8,5% des hommes).

L’immense majorité des Belges n’ont donc pas (encore) fait de dons pour soutenir les victimes du conflit syrien. Sont--‐ils disposés à le faire à l’avenir ? Le verdict n’est pas beaucoup plus engageant : un tiers seulement des sondés serait prêt à soutenir l’action de Syrie 12--‐12.

Le manque de confiance et les difficultés budgétaires freinent bien plus que la crainte de l'intégrisme


Contrairement à certaines idées reçues, les sondés qui ne souhaitent pas ou plus faire de don ne mettent que peu en avant la crainte d’une montée de l’intégrisme (1,3%), ni celle du détournement de l’aide par les groupes armés. Ce sont les contraintes budgétaires qui sont le plus souvent avancées (près de 26% des francophones), le manque de confiance et le pessimisme (32,5% des néerlandophones). L’idée qu’il faut d’abord résoudre nos propres problèmes en Belgique ressort, complétant le top 3 avec 17% des réponses. Ces raisons sont bien connues par les récolteurs de fonds actuels ; on peut les résumer par le terme d’indifférence.

Une situation toujours catastrophique

Ces faibles perspectives sont d’autant plus inquiétantes que la situation humanitaire sur le terrain va encore s’aggraver à l’approche de l’hiver. Certes, quelques nouvelles positives sont récemment venues éclaircir le sombre tableau que présente la situation syrienne. La destruction des armes chimiques a débuté. Le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité une résolution exigeant un meilleur accès aux victimes par les organisations humanitaires. Si les ONG du Consortium 12--‐12 se réjouissent de ces avancées, elles demandent aussi une plus grande attention sur la gigantesque pression – démographique, économique, budgétaire et politique – que fait peser cette crise et ses millions de réfugiés sur l’ensemble de la région. Le conflit est loin d’être terminé.

En attendant, le soutien de la population, des entreprises et des autorités locales en Belgique est d’une urgence vitale. Sous le slogan « La Syrie ne peut attendre », le Consortium 12--‐12 veut récolter 7 millions d’euros d’ici à la fin de l’année. C’est trois fois ce qu’il a récolté jusqu’à aujourd’hui.

Des personnalités mobilisées

A l’appel du 12--‐12, une série de personnalités ont choisi d’aller à contre--‐courant et de témoigner de leur engagement bénévole. Elles ont décidé de verser un don au Consortium 12--‐12 et de le faire savoir. Parmi elles, nous retrouvons Axelle Red, Thomas VanHamme, Adrien Joveneau, Daan ou encore Bert Kruismans. Tous espèrent – par leur exemple – inciter le public à les imiter et à faire preuve d’une solidarité plus que jamais nécessaire.

Cette campagne, réalisée grâce à l’aide de VVL--‐BBDO, « Who killed Joe », Raygun, le réalisateur Joost Wynants et la photographe Klaarke Meert, débute cette semaine et bénéficie de l’appui de nombreux médias qui ont choisi d’offrir gratuitement de l’espace en soutien aux victimes de la crise syrienne. Soulignons l’engagement de groupes de presse tels que IPM, Editions L’Avenir, De Persgroep, Corelio, Think Media, Humo, Roularta, Sanoma, IP, RTL, VRT, SBS, VMMA, Acht, Studio 100, HitFM, KanaalZ, Cascade, FM Brussel et différentes radios locales. Nous remercions également The Ppress et Newspaperswork pour leur engagement auprès du consortium.

Les dons peuvent être versés au compte BE19 0000 0000 1212 ou en ligne via www.1212.be

Porte-parole:

Erik Todts

Président du Consortium 12--‐12

Gsm: 0476/982.404

erik.todts@gmail.com