Calais : l’État français condamné à agir. Médecins du Monde poursuit son plaidoyer

Calais : l’État français condamné à agir. Médecins du Monde poursuit son plaidoyer

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Ce 2 novembre, le tribunal administratif de Lille s’est prononcé : l’État a 48h pour prendre des mesures d’urgence dans la Jungle de Calais où survivent 6000 réfugiés. Il y a une semaine, Médecins du Monde, le Secours catholique et six demandeurs d’asile avaient déposé un référé contre les autorités françaises au vu de la situation intenable dans le camp et l’atteinte aux droits fondamentaux des réfugiés.

48 heures : c’est le délai dont dispose l’État français pour rétablir le respect des droits fondamentaux des réfugiés  dans le bidonville de Calais, et notamment pour procéder au recensement des « mineurs isolés en situation de détresse en vue de leur placement ». Il a également un délai de 8 jours pour développer un plan sanitaire digne de ce nom, avec la création de 10 points d’eau supplémentaires et 50 latrines, l’instauration d’un système de collecte des ordures, le nettoyage du site et le dégagement d’un accès au camp pour les services d’urgence. À chaque jour de retard, la préfecture devra s’acquitter d’une amende symbolique de 100 euros.

« Cette condamnation est un signal fort et rappelle à toutes les autorités en Europe que le non-respect des droits des réfugiés ne reste pas sans conséquences », réagit Pierre Verbeeren, Directeur Général de Médecins du Monde.

Pour l’ONG, il n’est pourtant pas encore question de crier victoire : « Bien sûr, la situation d'urgence à été reconnue. Mais nous n’avons pas reçu de réponses quant à notre demande de mise à disposition des bâtiments inoccupés à Calais, ni quant à l’augmentation des distributions de repas. Pour l’instant, les prévisions en nourriture couvrent 2500 personnes, alors que 6000 réfugiés vivent dans le camp. Quant à la question de l'accès aux soins, elle reste en suspens. Présente à Calais depuis 2003, Médecins du Monde, attend une réponse forte et structurelle des autorités ».

Conclusion provisoire : « Bien sûr, c’est une bonne nouvelle, mais des engagements doivent aussi être pris sur l’accès aux services de base, comme la santé et l’hébergement. Ce n’est pas seulement en France, mais aussi dans toute l’Europe, et en ce moment tout particulièrement dans les Balkans que des milliers de réfugiés vivent dans des conditions inacceptables. Nous continuons de trouver incroyable qu’en tant qu’ONG, nous ayions du saisir la justice pour que les autorités prennent enfin leurs responsabilités », déclare Pierre Verbeeren.