Calais : de “Jungle” à “Tranchée” ?

Calais : de “Jungle” à “Tranchée” ?

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Médecins du Monde porte plainte contre les autorités françaises

Les conclusions d’un rapport mené par l’Université de Birmingham publié ce mois-ci font état d’un manque structurel d’abris corrects, de nourriture, d’hygiène et de sécurité dans la Jungle de Calais. Face aux insuffisances criantes des pouvoirs publics, Médecins du Monde a déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Lille, ce lundi 26 octobre.

Le rapport, mené par l’Université de Birmingham avec le soutien de Médecins du Monde, pointe du doigt le manque criant de toilettes mises à disposition – une quarantaine pour les 6000 habitants du camp – bien en-deçà des normes établies par l’UNHCR. L’équipe de chercheurs a constaté que des jerrycans pour stocker l’eau avaient auparavant servi de « poubelles » pour déchets chimiques, et qu’ils ne pouvaient avoir été nettoyés correctement. Dans certains containers, le nombre de bactéries présentes dépassait les normes de sécurité européennes.

Dans la nourriture également – en quantités largement insuffisantes – se trouvent des bactéries responsables de violentes diarrhées dont souffrent les réfugiés. Beaucoup d’abris ne sont pas étanches : souvent, les réfugiés dorment sur des matelas et des vêtements détrempés. La quasi-impossibilité de faire la lessive et de faire sécher la literie rendent extrêmement difficile le traitement de maladies parasitaires comme la gale, les punaises de lit, les puces... La liste des sombres constats est longue.

Etat des lieux complet de la situation sanitaire dans le camp ici.

La conclusion globale du rapport est claire : les conditions de vie dans le camp ne satisfont en rien les normes internationales fixées par l’UNHCR ou l’OMS. Les besoins sont largement supérieurs à ce que les autorités ont prévu.

Malgré les multiples demandes émises par les ONG présentes dans le camp, et malgré les nombreuses recommandations énoncées par le Défenseur des Droits, les mesures annoncées par  les ministres de l'Intérieur et de la Santé français ne répondent toujours pas aux questions posées par la présence de milliers d'exilés à Calais.

Ce lundi 26 octobre, Médecins du Monde, le Secours Catholique et un groupe de réfugiés requérants ont donc déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Lille. Elles appuient leur requête sur la violation de plusieurs droits fondamentaux : le droit au respect de la vie, le droit à la dignité humaine, le droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants, le droit d’asile.

Elles sollicitent du juge que soient prises en urgence par l’administration des mesures de nature à répondre, sans condition et sans délai, aux besoins essentiels et vitaux de toutes ces femmes, hommes et enfants exilés.