Aux côtés des Grecs et des réfugiés : la double crise de la Grèce

Aux côtés des Grecs et des réfugiés : la double crise de la Grèce

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En Grèce, Médecins du Monde tente de minimiser l’impact sanitaire et humain de deux crises internationales. Alors que certaines équipes sont présentes auprès des réfugiés dans les camps pour leur procurer des soins (primaires, sexuels et reproductifs, psychologiques), d’autres sont actives au sein de différentes cliniques à travers tout le pays.

Dans les sept polycliniques (à Athènes, Thessalonique, Patras, La Canée, Perama, Kavala et au Pirée) et l’unité médicale (à Tilos) de Médecins du Monde en Grèce, les réfugiés sont tout aussi bienvenus que les Grec(que)s et toutes les personnes qui ont été touchées par la crise économique qui a frappé le pays.

À la polyclinique de Thessalonique, la deuxième plus grande ville de Grèce, Sofia Garane, coordinatrice, explique : « Nous avons ouvert cette clinique en 2001. Avant, nous traitions principalement des personnes qui faisaient partie de groupes vulnérables : des personnes sans abri, des Roms, des immigrés. Mais depuis cinq ou six ans et le début des problèmes économiques de la Grèce, le nombre de patients a vraiment augmenté. Aujourd’hui, entre 60 et 70% de nos patients sont grecs. Ils n’ont pas d’assurance, pas d’emploi, pas d’argent. Avec le bouche à oreille, de plus en plus de gens entendent parler de notre polyclinique, et de plus en plus de gens viennent nous voir. »

Beaucoup de patients sont envoyés à Thessalonique pour des consultations spécialisées : « Nous avons ici beaucoup de spécialistes que les équipes dans les camps de réfugiés n’ont pas. Donc les patients qui en ont besoin sont envoyés ici par nos équipes sur le terrain, mais aussi par d’autres organisations. »

Aujourd’hui, en plus d’être l’une des deux portes d’entrées vers le continent européen – abandonnée par ses voisins européens qui ont fermé leurs frontières – la Grèce doit faire face à un énorme défi économique.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une dette publique qui atteinte 180% du PIB du pays, un taux de chômage à 23,5%, des allocations de chômage limitées à six mois, des pensions réduites à 120€ par semaine, etc. La crise économique dure depuis 2009 et a aussi des conséquences sur la santé : pas assez de personnel, un budget santé raboté de 50%, du matériel de base qui vient à manquer… Au total, 2,5 millions de Grec(que)s n’ont pas une couverture santé suffisante ou n’en ont tout simplement pas !

« Nous voyons ici 1.500 personnes chaque mois. Nous sommes passés de 5 à 54 médecins dans la clinique et 180 personnes qui collaborent avec nous. Cela fait 25 ans que nous existons : nous avons la confiance de la population. Et quand le besoin s’en est fait sentir, nous étions là pour tout ceux qui en ont eu besoin. »

La majorité du personnel de la clinique est composée de volontaires. « C’est comme ça que ça marche. Quand la crise économique a commencé, les gens se sont manifestés spontanément pour nous aider. Je travaille ici depuis 12 ans, et depuis cinq-six ans, je constate que de plus en plus de personnes veulent nous aider. Des Grec(que)s aussi bien que des réfugiés, » conclut Sofia Garane.