Assemblée Générale des Nations Unies - Migrer n'est pas un délit !

Assemblée Générale des Nations Unies - Migrer n'est pas un délit !

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L'Assemblée générale de l'ONU organise le 19 septembre, pour la première fois de son histoire, une réunion de haut niveau pour proposer une gestion concertée des déplacements massifs de réfugiés et de migrants. Médecins du Monde (MdM) salue cette initiative et appelle à mettre en place une réponse globale et coordonnée, en particulier pour les femmes et les enfants.

Le réseau international de Médecins du Monde travaille tout au long du parcours migratoire sur différents continents, du pays d’origine jusqu’à leur pays d’accueil. En Europe, nos équipes et nos partenaires constatent sur le terrain, à chaque étape, l'extrême précarité dans laquelle vivent les migrants et les réfugiés. La situation sanitaire, comme en témoignent certains de nos chiffres , est inquiétante :

  • Près de 3/4 des femmes enceintes reçues n'ont pas de couverture médicale et près de 40% n'ont pas eu accès à des soins prénataux ;
  • Parmi les personnes qui ont abordé le sujet,  plus d’un quart déclarent avoir subi une forme de violence psychologique et près de 15% des violences sexuelles. Ces drames s'ajoutent à la dureté de leur parcours migratoire. En tant que professionnels de santé, nos préoccupations portent sur les troubles psychologiques des migrants/réfugiés. La complexité de la réponse face à cet enjeu nécessite la mise en œuvre de moyens supplémentaires.

Une opportunité à saisir

Les Etats doivent saisir l'opportunité de l'Assemblée générale de l'ONU pour garantir la protection et la sécurité des migrants/réfugiés. Médecins du Monde demande :

L’accès aux systèmes de santé nationaux, fondés sur la solidarité, l’égalité et l’équité

  • Les femmes doivent avoir accès aux soins prénataux et postnataux, à un accouchement sans risque et aux services de planning familial
  • Les enfants doivent avoir accès aux programmes de vaccination nationaux et aux soins pédiatriques. 

La mise en place de voies d’accès légales et sécurisées, avec la possibilité de demander le droit d’asile dans le pays de son choix

Des conditions d'accueil et de protection juridique satisfaisantes, spécifiquement pour les femmes et les enfants, qui représentent désormais la majorité des migrants/réfugiés :

  • Les Mineurs non accompagnés (MNA) en particulier doivent pouvoir avoir accès aux soins et à une protection juridique dans le respect de la convention internationale des droits de l’enfant. Ils doivent être accompagnés dans des structures adaptées.
  • Les examens médicaux effectués en vue de contrôler l'immigration doivent être supprimés, en particulier ceux liés à la détermination de la minorité (test osseux) 

« Les états doivent trouver un accord politique ambitieux. Ils ne peuvent plus considérer les réfugiés et les migrants comme « une masse de déplacés » mais comme des individus titulaires de droits. Nous serons vigilants quant à la réalisation concrète des engagements pris par la communauté internationale à la suite de l'Assemblée générale de l'ONU. L'urgence humanitaire ne cesse de s'aggraver jour après jour.  La mise en place d'une réponse solidaire est une question de survie pour ces migrants ;  pour les décideurs c’est une question de courage et de volonté politique »
- Pierre Verbeeren, Directeur Général de Médecins du Monde

Médecins du Monde sera représenté à l’Assemblée Générale des Nations Unies par sa Présidente, le docteur Françoise Sivignon et Monsieur Jean Saslawsky, Secrétaire Général du réseau International de Médecins du Monde