18 octobre 2014 : 1° journée de Périnatalité

18 octobre 2014 : 1° journée de Périnatalité

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La première journée de Périnatalité a eu lieu à Gafsa, le 18 octobre dernier. L’occasion de sensibiliser les professionnels de la santé à l’accouchement sans douleur, et de faire le point sur l’état des soins périnataux dans le pays.

Médecins, sages-femmes et infirmier(e)s ont échangé une journée entière à propos des soins périnataux en Tunisie. Le point principal : l’accouchement sans douleur, qui n’est actuellement enseigné que de manière théorique aux étudiant(e)s sages-femmes. Pourtant, la préparation à l’accouchement sans douleur est bénéfique à plusieurs niveaux :

  • Amélioration de la relation entre la patiente et la sage-femme : des études ont établi le lien entre un bon accueil et un accouchement sans stress.
  • Diminution du nombre de césariennes : en Tunisie, 55% des accouchements se font sous césarienne dans le privé (alors que l’OMS recommande 18%). À Gafsa le taux de césarienne est de 35% en public et 70% en privé.
  • Diminution du nombre d’épisiotomies (opération consistant à ouvrir le périnée pour laisser passer le bébé lors de l’accouchement).
  • Meilleur respect des cinq consultations prévues par le programme.
  • Préparation à l’allaitement, en nette diminution.

Il faudrait donc mettre en place une stratégie d’intégration de cet enseignement dans le cursus, pour qu’il devienne pratique.

Dossier obstétrical

Cette première journée de la périnatalité a aussi permis d’évoquer le dossier médical. En Tunisie, aucun texte juridique  n’oblige les professionnels de la santé à tenir un dossier médical. Une situation floue pour les sages-femmes, qui se battent pour une amélioration de leur statut, et la création d’un cadre légal clair pour leur activité. Elles ne veulent plus, par exemple, pratiquer des actes qui sont la responsabilité d’un médecin, ce qu’elles faisaient avant la révolution.

Pour porter ces revendications, elles ont fondé un syndicat indépendant : il défend les droits des sages-femmes, mais reconnaît aussi leurs devoirs vis-à-vis des patients, par exemple la tenue d’un bon dossier obstétrical. C’est dans ce cadre que Médecins du Monde et la Plateforme participative Gafsa ont lancé le projet d’un dossier obstétrical informatisé à destination des gynécologues et sages-femmes pour toutes les maternités du gouvernorat de Gafsa.