À Lesbos, l'échec de l'Union Européenne

À Lesbos, l'échec de l'Union Européenne

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Les équipes de Médecins du Monde sont restées en première ligne ce lundi lors des émeutes qui se sont déclarées dans le Centre d'Accueil à Moria (Lesbos). Elles se sont assurées que les enfants non accompagnés ont été transférés en toute sécurité dans des endroits sûrs, tout en continuant à procurer des soins médicaux aux réfugiés et migrants sur place.

Les événements qui se sont déroulés ce lundi au Centre d'Accueil de Moria (Lesbos) démontre que la politique de l'Union Européenne envers les réfugiés est un échec.

L'exemple du Centre d'Accueil de Moria est emblématique : il s'agit du premier "hotspot" opérationnel de Grèce, le plus grand en termes de taille et de capacités d'accueil sur une île, et celui qui réceptionne entre 50 et 60% du total des arrivées en Grèce. Lors de la mise en place du Centre, les personnes accueillies devaient pouvoir être libres d'aller et venir en attendant la fin de leur procédure d'enregistrement. Après l'accord entre l'UE et la Turquie en mars dernier, cette liberté a disparu : les nouveaux arrivants ne peuvent quitter le Centre pendant 25 jours après leur arrivée, puis sont forcés de rester sur l'île jusqu'à la fin de la procédure.

Le séjour prolongé de milliers de personne dans des infrastructures pensées pour moitié moins de gens ; l'exclusion du plan de relocalisation européen des personnes arrivées après le 20 mars ; les délais dans les procédures d'asile ainsi que la mauvaise information sur les prochaines étapes ont mené les réfugiés et migrants à une situation sans issue et à une confusion parmi la population locale.

Dans le même temps, un an après l'adoption du "programme de relocalisation" par le Conseil Européen, seul un très faible pourcentage - moins de 3% - de l'ensemble des réfugiés et migrants arrivés en Grèce et en Italie a été relocalisé dans d'autres Etats membres

Il apparaît clairement que l'approche européenne vis-à-vis de la crise de l'accueil en Europe est un échec. De nouvelles initiatives - innovantes et réalistes - sont nécessaires.

Médecins du Monde invite l'Union Européenne à revoir les politiques adoptées jusqu'ici afin d'assurer une voie d'accès sûre et légale vers l'Europe pour les réfugiés, en particulier pour les femmes et les enfants, en majorité parmi les personnes déplacées. Ces nouvelles politiques devraient être déterminées sur base des besoins des réfugiés et pas sur base de critères comme la nationalité ou la date d'arrivée en Europe. De plus, nous appelons les autorités grecques à immédiatement mettre en place des initiatives qui permettront de relâcher la pression sur les îles du pays, en transférant les réfugiés dans des Centres d'Accueil sur le continent. Enfin, nous demandons aux autorités grecques d'accélérer les procédures d'asile.

En Grèce, Médecins du Monde est présent aux côtés des réfugiés à travers tout le pays.