Plan hiver 2011-2012 à Bruxelles et à Anvers
Durant les mois d’hiver, les besoins en termes d’assistance médicale se font de plus en plus ressentir auprès des sans-abri. Les pathologies symptomatiques de la précarité et des conditions de vie difficiles (manque d’accès aux facilités sanitaires, nourriture irrégulière, exposition au froid et à la pollution, violences dans la rue, etc.) s’aggravent rapidement en cette période.
L’ACTION DE MÉDECINS DU MONDE
Chaque année, à Bruxelles, Médecins du Monde participe au plan hiver, entre novembre et mars. Durant cette période, le Samu social de Bruxelles met des lits supplémentaires à la disposition des sans-abri ; MdM augmente le nombre de ses permanences médicales et paramédicales. Cette action vise à intensifier le nombre de consultations offertes aux sans-abri à Bruxelles durant les mois les plus froids.
Cette année, le Samu social dispose d’un bâtiment rue Royale où 400 places d’hébergement peuvent être offertes chaque nuit aux personnes sans-abri de la Région de Bruxelles-Capitale. Les personnes bénéficient, en plus de l’hébergement, de repas chauds le soir et petits déjeuners le matin, de sanitaires et d’une permanence pyschosociale. Des consultations de médecins et infirmiers lors de permanences médicales et paramédicales sont assurées par Médecins du Monde.
Le dispositif de ce Plan hiver à Bruxelles a démarré ce mardi 15 novembre.
A Anvers, Médecins du Monde participe pour la première fois au Plan hiver. Durant les mois d’hiver, depuis quelques années, le CPAS, en collaboration avec la Ville et les CAW (Centrum Algemeen Welzijnswerk), met à disposition des lits supplémentaires pour les personnes sans-abri. Cette année, Médecins du Monde prend part à l’action en proposant, en collaboration avec le centre Steenhouwer, des consultations médicales et paramédicales gratuites.
Le dispositif de ce Plan hiver à Anvers a démarré ce vendredi 16 décembre.
LES CONSTATS
L’hiver dernier (2010-2011), environ 400 personnes sans abri (parmi lesquelles une majorité de jeunes entre 18 et 34 ans) ont été accueillies par le Samu social. Dans le cadre de ce dispositif hivernal, Médecins du Monde a pris en charge le volet médical : 4 à 5 infirmières, infirmiers et médecins bénévoles ont offert chaque jour des consultations (para) médicales à 619 patients différents. Au total, nos 75 bénévoles ont offert 2472 consultations, soit une moyenne de 20 consultations par jour.
Sur la base d’une enquête menée en 2010 auprès de personnes sans-abri, Médecins du Monde constate notamment que :
1 personne sur 4 estime être en mauvaise voire très mauvaise santé.
Près d’1 sur 2 déclare être en mauvaise voire très mauvaise santé mentale (contrairement à la santé physique qui est globalement évaluée comme étant « bonne » ou « très bonne »). Ce constat est confirmé par le grand nombre de plaintes psychosomatiques (16 %) exprimées lors des consultations.
Cette fragilité mentale est accentuée par le manque réel de perspective d’avenir en termes de logement et d’accès aux soins (1 patient sur 2 ne sait pas où aller dormir après le plan hiver).
Les pathologies les plus fréquemment rencontrées sont liées au froid ainsi qu’aux problèmes d’hygiène : infections respiratoires (31%), affections dermatologiques (17%), problèmes aux pieds (18%) et problèmes neurologiques (16%). Ces pathologies ne diffèrent pas de celles constatées durant le reste de l’année chez les sans-abri soignés par l’équipe de MdM.
L’OBJECTIF
« Notre objectif est de prendre soin des personnes qui passent leurs journées en rue via des consultations médicales et via l’écoute de professionnels de santé qui s’engagent bénévolement, précise Stéphane Heymans, responsable des missions belges. Le dispositif du Plan hiver de Médecins du Monde, de par la mobilisation des bénévoles, est aussi l’expression de la solidarité citoyenne envers les sans-abri. »
TÉMOIGNAGES
Témoignages recueillis l’hiver dernier.
« La rue, ce n’est pas dur… c’est très très très dur. (...) Même quand il ne fait pas froid, on a besoin d’un endroit pour dormir, prendre une douche… »
H., 30 ans
« Avant, j’avais un appartement. Ça fait trois mois que j’ai un problème de logement et que je viens au Samu le soir. En perdant mon logement, j’ai aussi perdu mon travail car j’étais fatigué et incapable de bien travailler. (...) Je ne suis pas un clochard. Je suis un homme propre, un homme de travail. C’est juste le destin. »
R., 30 ans
« En tant qu’infirmière bénévole, mon rôle était de soigner surtout les plaintes physiques : douleurs musculaires, dentaires ou encore articulaires, contusions, plaies, ulcères, gastrites, états grippaux... Très vite, je me suis rendue compte qu’il y avait pas mal de maux atténués ou même disparus après une prise en charge plus humaine : des mots de réconfort, des conseils, des massages, des bains de pieds ou encore de l’écoute et de l’empathie. »
Anne, infirmière bénévole
L’APPEL AUX BÉNÉVOLES
Cette action d’envergure et à durée déterminée ne peut évidemment se faire sans l’appui de personnel médical bénévole. C’est pourquoi Médecins du Monde lance un appel à toute personne disponible quelques heures par semaine en soirée, n’importe quel jour de la semaine, de façon régulière ou irrégulière. A l’heure actuelle, une centaine de personnes est disponible mais nous cherchons encore activement des médecins et des infirmiers.
Plus d’informations sur les profils recherchés via la rubrique Recrutement.
L’URGENCE
L’hiver 2011-2012 sera rude et d’autant plus rude que la crise de l’accueil s’annonce plus importante que jamais. En octobre, on comptait plus de 1000 personnes non désignées par Fedasil.
Les patients qui dépendent de Fedasil occupent une place de plus en plus grande dans les consultations de nos centres permanents (augmentation de 4 à 19% au cours des deux dernières années) et saturent ceux-ci.
Médecins du Monde demande que des solutions réalistes et rapides soient mises en place par le gouvernement fédéral pour les demandeurs d’asile non désignés afin de leur assurer un accueil permettant l’accès à des soins médicaux durables et de qualité.
A voir : l’interview de Pierre Verbeeren, directeur général, lors de l’émission Sans Détours de Télé-Bruxelles, ce 18 novembre 2011.
/B_afficher_article>












5 dernières infos