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Des enfants et des femmes enceintes exclus des soins

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Modifié le: 15/04/2010, 17h35
Le 20 novembre, ce sont les 20 ans de la Convention internationale des Droits de l’Enfant ratifiée par 191 pays. Celle-ci prévoit expressément la protection de la santé des enfants et des femmes enceintes, dans ses articles 24 et 26. Et pourtant, dans la quasi-totalité des pays où Médecins du Monde agit, de nombreux enfants et femmes enceintes ne bénéficient pas de soins médicaux. Et ce, malgré leur plus grande vulnérabilité !

Médecins du monde demande aux Etats européens d’assurer une protection spécifique aux enfants mineurs et aux femmes enceintes leur permettant l’accès à la prévention, aux soins et au suivi adapté des grossesses.

Dans la quasi-totalité des pays européens, les enfants de sans-papiers n’ont pas droit à la sécurité sociale. Dans quelques pays, comme la Belgique, ils sont protégés par des systèmes dérogatoires à l’accès complexe. Dans d’autres, ils ne sont ni protégés ni soignés.

- En Belgique, les enfants de sans-papiers, tout comme leurs parents, ont droit aux soins de santé, via le système de l’aide médicale urgente (AMU). Bien que le cadre législatif de l’AMU semble clair et transparent, plusieurs facteurs compliquent l’accès aux soins : méconnaissance de la procédure, politique individuelle de chaque CPAS, délais d’attente variables et longs, conditions strictes. Les enfants n’échappent pas à ces difficultés, ce qui entraîne dans de nombreux cas un retard dans les soins, voire même un refus.

- En Suède, seuls les enfants enregistrés dans le cadre d’une demande d’asile sont protégés, les autres doivent tout payer.

- En Grèce, il faut démontrer un besoin urgent d’hospitalisation ou tomber sur un médecin compréhensif.

Le sort des femmes enceintes n’est guère meilleur. Au total, moins de la moitié des femmes enceintes rencontrées dans le cadre de l’enquête menée par Médecins du Monde dans 11 pays étaient suivies et prises en charge. Les nombreux témoignages recueillis montrent des refus de soins, des pressions psychologiques, des menaces et des discriminations qui entraînent une absence de suivi de grossesse, des accouchements aux urgences et des départs précipités des hôpitaux.

- En Belgique, des femmes enceintes, en demande d’asile, vivent actuellement à la rue ou sont hébergées dans des hôtels, faute de place dans les centres d’accueil gérés par Fedasil. Ces dernières semaines, Médecins du Monde a offert plus de 500 consultations aux demandeurs d’asile logés dans les hôtels, parmi ceux-ci : 19 femmes enceintes sans aucun suivi de grossesse !

- En Belgique, l’ONE offre un service pré et postnatal gratuit à toutes les femmes enceintes, peu importe leur statut administratif. Du côté de la Flandres, la situation est difficile pour les femmes enceintes sans-papiers : le suivi pré et postnatal dépend du bon vouloir de chaque CPAS et Kind & Gezin limite son intervention à l’accompagnement psychosocial postnatal !

Greet est médecin dans notre centre à Anvers. Elle témoigne du cas de Marina, rencontrée lors de sa grossesse : « Marina n’a jamais eu la possibilité de consulter un médecin. Sans famille, et ne parlant pas la langue, elle se trouve dans un isolement social complet. Sans papiers en règle, un hôpital accepterait-il de prendre en charge son accouchement ? C’est vers nous qu’elle se tourne avec toutes ces questions. Après avoir effectué ensemble les démarches nécessaires, elle est rassurée : grâce à notre équipe elle va recevoir les soins nécessaires. Quelques semaines avant la date prévue de l’accouchement, lors d’une visite de routine, Marina se plaint de douleurs au ventre, le col de l’utérus est ouvert. Je sens la tête du bébé. On a vite appelé un taxi pour filer à l’hôpital, et trois heures plus tard, Marina a accouché d’une adorable petite fille. »

- Au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suède (sauf à Stockholm), en Suisse, les femmes enceintes sans-papiers doivent payer intégralement le suivi de leur grossesse et leur accouchement, même si, dans la quasi-totalité des cas, elles n’ont pas les ressources financières suffisantes.

D. Equatorienne, étudiante vivant au Royaume-Uni témoigne : « Quand je suis venue à Project London [Médecins du Monde], j’étais déjà très enceinte, dans le sixième mois. Je n’avais eu aucun suivi de grossesse et je n’étais pas enregistrée chez un médecin généraliste. J’avais essayé d’aller dans un centre médical au troisième mois de grossesse mais ils voulaient mon passeport et savoir si j’avais droit de recevoir des soins du système national de santé. Plus tard, je suis allée m’inscrire pour l’accouchement à l’hôpital : je devais avoir une césarienne. Le personnel des finances a été extrêmement agressif et désagréable avec moi. Ils m’ont dit que si je n’avais pas d’argent, si je ne pouvais pas payer, alors je n’avais qu’à partir. »

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