Crise de l’accueil : Des demandeurs d’asile soignés en urgence par Médecins du Monde
« La santé, y compris mentale, de ces personnes est évidemment affectée par leurs conditions de vie en rue. La procédure d’asile en tant que telle est déjà déstabilisante, mais la vivre sans l’accompagnement nécessaire dans une structure d’accueil rend la situation encore plus difficile, certainement pour des personnes malades », Stéphane Heymans, responsable des projets en Belgique.
« La semaine dernière, nous avons reçu une personne originaire de Palestine. En Belgique depuis début mai, elle dort à la gare de Nord et souffre de problèmes de tension artérielle, elle n’avait plus de médicament et n’avait aucune idée de l’endroit où se les procurer et où se rendre pour bénéficier d ’un suivi médical », explique Sophie Damien, assistante sociale.
La vie à la rue entraîne des pathologies qui, à défaut d’une prise en charge adaptée, peuvent s’aggraver. « Nous avons reçu en consultation un demandeur d’asile venu d’Afghanistan et vivant en rue depuis 2 semaines. Il ne parlait pas un mot de français et avait contracté la gale. Il n’avait aucune idée des endroits où se rendre pour prendre une douche, laver ses vêtements… ».
Les patients qui dépendent de Fedasil occupent une place de plus en plus grande dans nos consultations (augmentation de 4 à 19% au cours des deux dernières années) et saturent celles-ci.
Médecins du Monde demande que des solutions réalistes et rapides soient mises en place pour les demandeurs d’asile non désignés afin de leur assurer un accueil permettant l’accès à des soins médicaux durables et de qualité.
En Belgique, les centres de consultations de Médecins du Monde offrent plus de 13.000 consultations médico-psycho-sociales par an pour les personnes exclues des soins et tentent de réintégrer ces personnes dans le circuit médical.
Photo : Gerald Talpaert
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