
La santé des migrants
Médecins du Monde est depuis sa création particulièrement sensible à la question des migrants, qui partout dans le monde font partie des populations les plus vulnérables notamment en termes de droit à la santé et d’accès effectif aux soins. L’Europe, dans ce domaine, n’échappe pas à cette règle. Même si la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne réaffirme le droit de toute personne à bénéficier de soins médicaux, elle le limite aux conditions établies par les législations et pratiques nationales. Il existe ainsi un écart important entre le principe général de l’accès aux soins et son application dans le droit de chacun des pays.
Ainsi dans la plupart des pays de l’Union européenne (UE), l’accès aux soins des étrangers -en particulier des étrangers en situation irrégulière-est nettement plus restreint que celui des nationaux. Dans certains pays, l’accès aux soins pour ces populations se limite aux urgences vitales, dans d’autres l’accès aux soins, même s’il est prévu par la législation, est de facto limité par des procédures complexes. [1]
Pourtant, plusieurs enjeux actuels de santé publique (grippe aviaire, maladies infectieuses transmissibles etc.) montrent la nécessité de ne pas laisser échapper du maillage sanitaire des populations qui, du fait de leur mobilité et des conditions sociales dans lesquelles elles vivent (ou ont vécu), sont plus particulièrement fragiles et exposées. Par ailleurs d’un point de vue économique, les politiques sanitaires qui retardent ou limitent l’accès à la prévention et aux soins de santé primaire d’une partie de la population aboutissent souvent in fine à la prise en charge hospitalière de cette même partie de la population. Cette prise en charge hospitalière et la dispensation des traitements requis s’avère plus coûteuse que la prévention et les soins de santé primaire.
Face à ces enjeux, les 11 associations Médecins du Monde de l’Union Européenne [2] ont élaboré un projet visant à promouvoir au niveau de l’Union Européenne l’accès aux soins des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière. Ce projet de plaidoyer, intitulé « réseau Huma », est mis en œuvre sur 3 ans dans 19 des 27 Etats membres de l’UE. [3] Il devrait à terme favoriser la mise en place de normes juridiques communautaires contraignantes dans le domaine de la santé et de la protection des étrangers gravement malades.
I) Constat
II) Objectifs du réseau Huma
Objectif général
Améliorer la santé des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière dans l’U.E.
Objectif spécifique
Obtenir, d’ici 3 ans, une amélioration de l’accès aux soins des étrangers en situation irrégulière et des demandeurs d’asile dans l’U.E, ainsi que de la protection des étrangers gravement malades contre l’expulsion, en favorisant la production et la mise en place dans les Etats membres de normes juridiques communautaires contraignantes (directive/s).
III) Stratégie du réseau Huma
Le réseau Huma propose de créer un réseau d’ONG couvrant 19 Etats membres de l’UE. Ce réseau mènera, durant 3 ans, des activités de plaidoyer afin d’obtenir la reconnaissance et l’adoption par l’U.E
Le réseau Huma s’articule autour de 3 axes majeurs :
Accroître l’engagement, les connaissances, capacités d’analyse et de travail en réseau des ONG Européennes pour défendre l’accès aux soins des étrangers en situation irrégulière et des demandeurs d’asile dans l’U.E.
www.huma-network.org
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[1] Voir l’ « Enquête européenne sur l’accès aux soins des personnes en situation irrégulière » de l’Observatoire européen de l’accès aux soins mis en place par Médecins du Monde, parue le 25 septembre 2007.
[2] Le réseau Médecins du Monde (délégations et bureaux) est implanté dans 11 Etats membres de l’UE - Allemagne, Belgique, Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas Portugal, Royaume-Uni, Suède.
[3] Les 11 Etats membres sur lequel se trouve déjà le réseau de Médecins du Monde, ainsi qu’en Autriche, Finlande, Hongrie, Pologne, République Tchèque, Roumanie et Slovénie et à Malte, ou des partenaires seront identifiés.
[4] Les pays d’Europe Centrale et Orientale, à la fois des pays d’accueil et de départ, sont également devenus des pays de transit vers l’Europe de l’Ouest (comme la Pologne pour les migrants tchétchènes) ou vers l’Amérique. Au Sud, on trouve le même phénomène de migrations en chaîne, le Maghreb étant une zone de départ et d’accueil, mais surtout de transit pour une migration sub-saharienne vers l’Europe de l’Ouest, via l’Espagne ou l’Italie.







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