Le point sur les activités de Médecins du Monde en Haïti
Situation à l’hôpital général de Port-au-Prince
A Port-au-Prince, les équipes de médecins, chirurgiens et infirmières continuent de soigner dans trois hôpitaux de la ville et en particulier au sein de l’hôpital général universitaire.
Le défi est d’opérer le plus grand nombre de blessés, le plus rapidement possible : plusieurs centaines de personnes sont actuellement regroupées près de l’hôpital général de Port-au-Prince, et une grande majorité est en attente d’une intervention chirurgicale. Il n’y a toujours pas d’approvisionnement en eau et en électricité. Une cinquantaine d’interventions chirurgicales lourdes ont été réalisées à ce jour par notre équipe, pour la plupart des amputations, car les blessés sont restés plusieurs jours sans aucun soin infirmier et sans conditions d’hygiène, et leurs blessures, infectées, ont provoqué des gangrènes importantes.
Dans les camps de sinistrés
Parallèlement nos équipes médicales se rendent dans les camps de fortune où des milliers d’habitants de Port-au-Prince ont trouvé refuge : les rescapés sont installés le long des grandes artères de la ville dans plus de 250 sites de regroupement improvisés, sans abri. En partenariat avec l’association haïtienne URAMEL (partenaire de MdM en Haïti depuis 15 ans) les équipes ont tenté de restaurer l’accès aux premiers soins avec la réouverture de 2 centres de santé et des consultations mobiles sur les sites de regroupement sur la zone du Champ de Mars en particulier. Environ 140 consultations sont réalisées par jour assorties de soins infirmiers et de transferts vers l’hôpital général si nécessaire.
« Nous arpentons les quartiers les plus touchés comme Sans Feuille et Portail Leogane. Nous faisons des premiers secours et des soins et recherchons activement les blessés les plus graves pour les transférer vers les hôpitaux » rapporte l’une de ces équipes. « La situation est catastrophique : presque tout le quartier est détruit et pas encore dégagé, ça sent la mort et le cadavre partout. Un camp de fortune s’est installé dans les décombres. Les conditions de vie sont exécrables, pas d’eau, de la nourriture sur de petits stands mais souvent les gens n’ont plus d’argent, ils ont tout perdu. L’hygiène est évidemment déplorable, il y a quelques toilettes mais pas assez pour répondre aux besoins de la foule qui a envahi cette immense place centrale, il y a d’énormes besoins et des cas plus que critique. Une femme est morte sous nos yeux, couverte d’hématomes et de contusions, faute d’avoir été dialysée. » L’absence de soins pour les patients chroniques est l’un des nombreux problèmes : très peu de structures hospitalières sont debout, il n’y a presque pas d’ambulances : « nous avons emmenés ce matin deux blessés graves dans notre voiture pour les conduire au lycée français transformé en hôpital par la sécurité civile. »
Marine, médecin et directrice d’une association d’assistance haïtienne :
« Le besoin urgent, c’est d’organiser des structures pour prendre en charge les suites opératoires afin de décharger le peu d’hôpitaux qui fonctionnent et qui sont débordés. Cette situation de post urgence va durer des mois. J’ai commencé à travailler avec MDM en 1991, et j’ai fait beaucoup de missions difficiles. Jamais de séisme, et j’espère bien que c’est le dernier. C’est affreux. »
En dehors de la capitale
Deux équipes de Médecins du Monde sont arrivées hier à Léogâne, épicentre du séisme, et à Jacmel pour évaluer la situation sanitaire et venir en aide à la population. A Léogâne, ville de 130 000 habitants, les bâtiments sont détruits ou très endommagés.
Une autre équipe est à Petit-Goâve, et apporte un appui à l’hôpital de la ville.
Enfin l’équipe du programme long terme basée à Jérémie dans le sud du pays est en veille pour répondre aux besoins médicaux pour les milliers de déplacés qui ont fui la capitale vers ce département moins touché par le séisme.







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